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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Paul Castel est un vieux monsieur tranquille de 94 ans qui habite un petit village, Vienne en Arthies, dans le Val-d'Oise. Qui, de ses voisins, sait qu'il fut un dirigeant de la Résistance des cheminots en région parisienne durant l'Occupation, puis commandant des Francs Tireurs et Partisans Français pour la région R2 (Essonne actuelle, sud des Yvelines et plusieurs cantons de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne)? Il finit sa carrière militaire le 18 novembre 1945, comme engagé volontaire dès le 23 septembre 1944, sous-lieutenant FFL et membre de l'état-major du bataillon 105/22.

A l'heure où le révisionnisme induit en erreur les mémoires, quand le gouvernement mêle, en 2014, l'anniversaire du début de la Première Guerre mondiale et la Libération de la France, obscurcissant d'autant plus les esprits, cet épisode dans la vie de Paul Castel et de sa femme Andrée Belland, lors de leur mariage à Noisy-le-Sec, le 24 août 1940. La France subit allors l'occupation nazie et la collaboration du gouvernement pétainiste au Reich hitlérien:

A Noisy-le-Sec où le jeune couple habite, comme dans beaucoup de communes, les conseils municipaux issus du Front populaire ont été chassés des mairies. De ce fait, le maire de Noisy-le-Sec, communiste, a été déchu de son mandat comme l'ensemble du conseil municipal et remplacé par des hommes aux ordres de Vichy et de la collaboration.

Message du maréchal Pétain, le 17 juin 1940

En ce 24 août 1940, le maire, désigné par "l'Etat français du maréchal Pétain", va célébrer son premier mariage, celui de Paul et de sa femme Andrée.

Or, les deux jeunes gens, 20 ans tous les deux, appartiennent au Parti communiste qui sest reconstitué dans la clandestinité depuis son interdiction en septembre 1939 par le dernier gouvernement de la IIIe République. Avant la guerre, Paul était le dirigeant de la région Paris-Est des Jeunesses communistes et sa future épouse l'une des dirigeantes de l'Union des jeunes filles de France pour cette même région.

Le président de la délégation spéciale administrant Noisy-le-Sec croit marier un simple ouvrier monteur électricien des ateliers SNCF de Noisy-le-Sec avec une petit institutrice. Or, depuis octobre 1939, Paul est l'un des responsables de la Résistance communiste dans les ateliers SNCF et le responsable de son Comité populaire, la CGT clandestine. Andrée, elle, déploie une activité clandestine communiste à Noisy-le-Sec.

Et le PCF, avec l'accord absolu des nouveaux mariés, va organiser une action publique de résistance. Dans la nuit précédant le mariage, les Jeunesses communistes, malgré les risques de déroger au couvre-feu, badigeonnent la place et le perron de la mairie d'inscriptions patriotiques. Lors de la cérémonie, l'assistance, plusieurs dizaines de personnes, ne se lève pas à l'entrée de l'homme qui acceptait d'être le valet des Allemands.

Aujourd'hui, une telle action peut paraître anodine. Il faut pourtant la replacer dans le contexte de l'époque, sous l'Occupation allemande et la collaboration du gouvernement de Pétain, dans un pays où la Résistance ne fait que débuter et qui croit en un "maréchal sauveur de la France".

La police de Vichy va alors faire les basses besognes de la gestapo allemande. Au fil des jours, plusieurs jeunes communistes, femmes ou hommes, sont arrêtés, condamnés à la forteresse ou envoyés dans l'enfer des camps de la mort, dont peu reviendront.

Paul Castel va entrer dans la clandestinité comme dirigeant de la résistance communiste, sa femme Andrée sera agent de liaison des FTPF jusqu'à la Libération. En décembre 1940, Marc Chevalier, préfet pétainiste de Seine-et-Oise, dans un bulletin à la population, publiait le bilan des arrestations de communistes dans son département.

Certes, la résistance communiste subissait un sévère coup, mais l'Etat français de Pétain, par cette publication, confirmait également que le PCF, reconstitué clandestinement, débutait son combat pour la libération de la patrie.

Paul Castel, résistant de la première heure, enfin décoré de la Légion d'honneur

Commenter cet article

Etcheverry Michel 16/12/2014 12:35

Félicitations et admiration pour Paul Castel. Sa discrétion n'a d'égale que son immense courage. Un exemple à méditer pour nos dirigeants, nos sois-disant élites qui ne lui arrivent pas à la cheville.

Jacques DURAND 10/12/2014 17:34

Merci Roger pour ce bel hommage à notre ami Paul, Alors que tant de médiocres plastronnent, ce grand Monsieur demeure d'une discrétion exemplaire consacrant l'essentiel de son temps à entretenir notre vigilance. Je vais tenter, une fois de plus, de faire figurer ton article sur le site de la section. Il est inutile de te redire combien j'apprécie, le plus souvent, tes contributions révolutionnaires. Amitiés.

Nortier claude 14/12/2014 13:01

Honneur à toi Camarade Castel . Salut fraternelle Roger et Jacque .