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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Crise de la CGT, l'avis de Georges Séguy

Georges Séguy, ancien résistant et déporté, fut secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982, puis membre de la Commission exécutive confédérale de 1982 à 1992. Georges Séguy fonda l'Institut CGT d'histoire sociale en 1982 dont il est aujourd'hui le président d'honneur.

L'actuelle Commission exécutive confédérale va préparer l'ordre du jour du Comité confédéral national qui se tiendra le 13 janvier 2015, organe statutaire et souverain de la confédération entre 2 congrès.

Dans l'Humanité du 15 décembre, Georges Séguy livre son appréciation sur ce qui secoue la CGT:

"La médiatisation à propos de Thierry Lepaon n'est pas l'essentiel. Ce qui compte avant tout, c'est la crise qui s'est instaurée au sein même de la CGT. Il appartient aux organismes statutaires de la première centrale syndicale nationale d'en débattre franchement afin de rechercher une issue de préserver la cohésion de la CGT et son aptitude à poursuivre efficacement la lutte pour la défense des intérêts des travailleurs. J'ai la conviction que son comité confédéral national parviendra, dans l'esprit d'unité qui a toujours prévalu au sein de notre syndicalisme, à trouver la solution qui s'impose d'urgence."

 

Note de ma pomme: Lutter pour la défense des intérêts des travailleurs, position essentielle pour la CGT telle que je la conçois. Travailleurs et pas salariés, parce que c'est la lutte des classes entre les exploités qui vendent leur force de travail (physique ou intellectuelle) à un patron du public ou du privé dans la société capitaliste que nous subissons.

La CGT va célébrer en 2015 les 120 ans de sa naissance. Pas pour le simple plaisir de souffler 120 bougies, mais pour agir toujours plus contre l'exploitation capitaliste et le pillage des richesses produites par les producteurs: les travailleurs.

Georges Séguy avait créé l'Intitut CGT d'histoire sociale, afin que chaque syndiqué connaisse et s' approprie l'histoire sociale, en débatte et soit toujours plus actif dans ses luttes au présent. Or, en ménageant la chèvre et le chou, plutôt le renard et le poulailler, la formation syndicale n'est pas à la mesure du combat idéologique mené par le patronat et ses laquais.

Oui, Thierry Lepaon ne doit pas être la partie émergée de l'iceberg. Est-il le timonier suprême, seul à bord du vaisseau de la CGT? Si c'était vraiment  le cas, alors notre confédération ne serait plus démocratique, de masse et de classe, telle qu'elle est définie par ses statuts.

Les valeurs de la CGT sont éternelles. Elles sont inscrites dans le coeur, le sang et les larmes de tous ceux qui périrent, souffrirent et luttèrent pour les défendre durant ses 120 ans d'existence.

Le monde du travail a urgemment besoin de cela, pas d'avoir une CGT institutionnalisée parmi les partenaires sociaux si chers à la pensée unique. Il n'y a pas de partenariat ni de dialogue social avec l'exploitation capitaliste. Il n'y a que la lutte avec l'entrée massive des travailleurs dans celle-ci, vers une alternative détruisant l'exploitation de l'homme par l'homme. Encore faut-il que la Confédération générale du travail, par ses actions revendicatives et collectives, soit toujours porteuse de la forge créée le 23 septembre 1895 à Limoges lors de son congrès fondateur.

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