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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

En ce 11 novembre 1914, commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918, ce n'est pas salir le sacrifice des soldats de la Première Guerre mondiale, que de citer la phrase d'Anatole France. Elle parut dans l'Humanité du 18 juillet 1922, le journal du Parti communiste français.

En effet, la Première Guerre mondiale fut une guerre impérialiste entre toutes les grandes puissances du moment, chacune voulant s'accaparer des territoires ou des colonies de l'autre, sinon les deux à la fois, aidées en cela par le capitalisme de la finance et des industries de guerre.

Les différents traités de paix, qui suivent la fin de cette horrible boucherie, vont partager le monde au profit des seuls vainqueurs et non des peuples. Cela conduira à l'avènement du nazisme en Allemagne et du fascisme dans d'autres pays. Cela conduit aujourd'hui au conflit du Moyen-Orient, depuis que la Grande-Bretagne et la France se le partagèrent, d'un trait de crayon en traçant des frontières imaginaires dans le désert, pour en ravir le pétrole et les richesses naturelles.

Oui, de 1914 à 1918, on a crut combattre pour la patrie, alors qu'on allait mourir pour des industriels.

On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels

"Cher citoyen  Cachin,

Je vous prie de signaler à vos lecteurs le récent livre de Michel Corday, les Hauts Fourneaux, qu'il importe de connaître.

(...)

"on y verra notamment ...que la guerre mondiale fut essentiellement l'oeuvre des hommes d'argent; que ce sont les hauts industriels des différents Etats de l'Europe qui, tout d'abord la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en elle leur fortune, en tirèrent d'immenses bénéfices et s'y livrèrent avec tant d'ardeur, qu'ils ruinèrent l'Europe, se ruinèrent eux-mêmes et disloquèrent le monde."

(...)

"Ainsi, ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils mouraient. Il en est de même dans toutes les guerres.  Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes* ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l'ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie; on meurt pour des industriels.

Ces maîtres de l'heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes: des usines, des banques, des journaux. Michel Corday nous montre comment ils usèrent de ces trois machines à broyer le monde."

*Victoire de Dumouriez le 6 novembre 1792, six semaines après Valmy.

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