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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

A 17 ans, Arthur Rimbaud écrivit un poème: Les corbeaux. Ses rimes faisaient référence à la Guerre de 1870, perdue par la France, qui suscita l'effroi dans la région de Charleville dont il était originaire.

Il me semble que sa poésie est brûlante d'actualité aujourd'hui et que, pour beaucoup, on laisse faire les choses, ou bien, pire, on s'acoquine avec la bête, les deux postures par dégoût des jeux politiciens.

Les corbeaux

Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus...
Sur la nature défleurie
Faites s'abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux
Les chers corbeaux délicieux.

Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids!
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous!
Dispersez-vous, ralliez-vous!

Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d'avant-hier,
Tournoyez, n'est-ce pas, l'hiver,
Pour que chaque passant repense!
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir!
Ô notre funèbre oiseau noir!

Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu'au fond du bois enchaîne,
Dans l'herbe d'où l'on ne peut fuir,
La défaite sans avenir
La défaite sans avenir.

Merci à ma camarade Caroléone qui, dans son blog, en fait souvenir...

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michaël 14/10/2015 15:51

jaime bien comment Yves Goutinier lit Rimbaut

https://www.youtube.com/watch?v=A2YN8qFhcoc