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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Merci à tous ceux me demandant des renseignements sur cette Maternité. Le nouveau maire sans étiquette d'Elne a refusé qu'une rue de sa ville soit baptisée Madeleine Fillols en hommage à une sage-femme de cette commune qui y travailla durant les années noires de la Deuxième Guerre mondiale.

Un film La Maternité d'Elne a été réalisé par Frédéric Goldbronn. Extraits du dossier d'écriture de ce documentaire adressé à Fr3 en novembre 2001:

L’épopée de la Maternité d’Elne commence en février 1939, sur les plages du Roussillon. Fuyant l’arrivée des troupes franquistes en Catalogne, près de 500 000 républicains espagnols passent la frontière française. Débordé par ce flot impétueux (« La pègre rouge », titre la presse d’extrême droite) le gouvernement les désarme et les parque dans des camps de concentration dispersés sur le littoral et dans les départements voisins.

 

Sur la plage d’Argelès, ils sont ainsi 100 000, survivant sous des abris de fortune, entourés de barbelés, gardés par les gendarmes et les troupes coloniales. À Rivesaltes, ils sont installés dans des anciens baraquements militaires, mais leur condition n’y est guère meilleure. La faim, le froid et les épidémies en emportent chaque jour des dizaines. La situation sanitaire est particulièrement dramatique pour les femmes sur le point d’accoucher. Les hôpitaux et les cliniques refusent de les accueillir et le taux de mortalité à la naissance y est alors proche des 100 %.

Un ancien volontaire de l’aide humanitaire en Espagne, Karl Ketterer, quitte la Suisse au volant d’un camion chargé d’habits et de nourriture et gagne les Pyrénées orientales. Touché par la détresse de ces femmes, il cherche à monter une maternité. Il déniche d’abord un château inoccupé à Brouilla près de Perpignan, où huit femmes s’installent en mars 1939. Il est rapidement rejoint par Elizabeth Eidenbenz, qui était aussi en Espagne et vient de rentrer en Suisse. Institutrice de métier, elle n’a aucune notion d’obstétrique, mais pense que ces femmes seront toujours mieux avec eux que dans un camp. Quelques jours après son arrivée une petite fille, Pepita, vient au monde, mais quand la guerre éclate, en septembre 1939, le propriétaire du château veut récupérer son bien. Elizabeth Eidenbenz trouve alors une grande bâtisse à Elne. C’est un superbe édifice du XIXe siècle, construit par l’architecte danois Petersen, connu sous le nom de « Château d’en Bardou » ou de « Mas Mirou ». Sa situation, à mi-chemin des camps d’Argelès et de Rivesaltes, est idéale.(...)

Les premières femmes sont accueillies à la Maternité en novembre 1939. Une sage-femme est mise à disposition par l’école d’infirmières de Perpignan, bientôt secondée par deux à trois infirmières suisses. Le premier enfant, José, y voit le jour le 8 décembre 1939.(...)

À Pâques 1944, la maison est réquisitionnée par les Allemands qui accordent trois jours à Elizabeth Eidenbenz et à son équipe pour la vider. Quarante et un enfants y sont nés depuis le début de l’année. De novembre 1939 à avril 1944, la Maternité suisse d’Elne aura permis de sauver plus de 600 enfants.(...)

La maternité d'Elne (1939-1944) dans les Pyérénées-Orientales

En lien, la totalité du dossier d'écriture du documentaire adressé à Fr3

Pour autant, suite à mon article d'hier, j'ai reçu ceci de la part d'un Illibérien, un anonyme habitant d'Elne:

Cher Monsieur,
nous pensons que vous faites un mauvais procès à Notre nouveau Maire, lors du Conseil Municipal,
Monsieur a dit que pour un lotissement écologique, que les noms de montages des Pyrénées_Orientales correspondaient mieux au lotissement, deplus le lotissement n'existe pas encore, il a dit qu'il va y avoir un nouveau lotisssement qui sera grand et ces Noms de ces Dames pourraient être donner aux rues et avenues.

 

Ma réponse aujourd'hui: Montagnes et Pyrénées, vous êtes mes amours (chanson bien connue). La Catalogne est l'un des berceaux de ma famille et ce des deux côtés des Pyrénées. Certains parmi elle, réfugiés républicains espagnols en 1939, connurent les fils de fer barbelés français des camps de la Côte vermeille. Dès lors, je n'oublierai jamais l'histoire de France et ses heures noires. Et la recouvrir sous de la prétendue écologie, ne serait-ce qu'un instant, n'emportera jamais mon coeur. A bon entendeur, salut!

 

En lien, mon article d'hier:

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