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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Mantes-la-Jolie en 1700 (à gauche)

Mantes-la-Jolie en 1700 (à gauche)

Après la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, un Comité administre Mantes-la-Jolie. Il est composé de 6 représentants de la noblesse, 6 du clergé et 6 de la commune. En ces temps mouvementés, il forme une milice forte de 4 compagnies de 40 hommes chacune et installe un corps de garde dans l’Hôtel de ville, corps armé qui deviendra garde nationale.

Mais la première mesure administrative du Comité, le 18 juillet 1789, n’a rien de révolutionnaire. Sous peine de 20 livres d’amende, il fait interdire de nourrir pigeons, coqs, lapins, canards et porcs dans « l’enclos de la ville », coupables de tapages nocturnes. De la même façon, il prohibe que les chevaux viennent boire au bassin de la fontaine de l’Hôtel-de-ville. Enfin, tout déversement « d’urines et autres choses » par les fenêtres » sera puni pareillement.

Mais bien vite, dans l'élan de la Révolution française, il s’attache à ce que ses concitoyens ne souffrent ni de la famine ni d’une quelconque exaction contre-révolutionnaire.

En novembre 1789, il avise que les vœux monastiques sont suspendus et les biens du clergé à la disposition de l’Etat. De plus, la Constituante décidant de diviser la France en 83 départements, le Comité intervient pour que Mantes soit la capitale de Seine-et-Oise.

Mantes-la-Jolie sous la Révolution française
département de Seine-et-Oise (sauf Paris)

département de Seine-et-Oise (sauf Paris)

Début juillet 1792, rien ne va plus pour la Révolution. L’Europe des monarques veut sa mort. Les 120 000 soldats aguerris de l’empereur d’Autriche et du roi de Prusse marchent vers Paris. Les royaumes d’’Angleterre, de Piémont Sardaigne, d’Espagne, de Russie ou d'ailleurs les soutiennent.

La Révolution française risque d’être balayée. Elle ne peut plus faire confiance à Louis XVI qui espère la victoire de ces troupes étrangères et s’oppose à toute mesure de salut public.

Elle ne peut faire confiance à l’armée française complètement désorganisée :

- par l’émigration de la noblesse (environ 2/3 des officiers désertent et rejoignent l’étranger, souvent en s’intégrant dans les armées qui marchent contre le pays;)

- par les désertions (environ 50 000);

- par les trahisons. La reine Marie-Antoinette transmet les décisions françaises à son frère, empereur d’Autriche ; le comte de Provence (frère de Louis XVI) participe aux tentatives de soulèvement royalistes (Vendée, Vivarais...);

Le 11 juillet 1792, la situation des armées françaises s'aggrave. La Patrie est proclamée en danger et l'Assemblée nationale décrète la levée de 50 000 volontaires. Ces décrets sont publiés dès le lendemain à Mantes. L'enthousiasme patriotique est grand au son du canon d'alarme et du carillons des cloches des églises. Des registres d'incorporation sont ouverts à l'Hôtel de ville pour tous les jeunes gens âgés de 19 à 24 ans.

Mantes envoie un premier contingent de 112 hommes, tandis que le nombre de gardes nationaux va être de 594. La Société populaire de Mantes, ramification locale du club des Jacobins parisiens, réclame la déchéance de Louis XVI.

Deux députés de la commune ont rencontré l'Assemblée nationale et lui ont fait part des mesures administratives prises contre tout mouvement suspect par la Seine, loi contre les suspects que les représentants de la nation adoptent en "l'an quatrième de la Liberté".

Mantes-la-Jolie sous la Révolution française

Extrait du Registre des engagements volontaires de Mantes:

"Je soussigné Sérafin Casimir LEROY, citoyen français, demeurant à Mantes, département de Seine-et-Oise, m'engage de ma propre volonté, et sans contrainte, à servir la nation (...) en qualité de soldat bdans les compagnies franches, pendant l'espace" de trois ans.(...) Je promets de servir avec fidélité et honneur, d'obéir à tous mes supérieurs et d'être attaché aux lois militaires. Je certifie être âgé de 25 ans.(...)

A Mantes le 30 juillet 1792: Signé Casimir LEROY, Balley secrétaire greffier."

 

Le volontaire percevra 5 livres au titre de son engagement pour le premier mois et 30 sols à la fin de ceux que je servirai. Le citoyen Leroy mesure 5 pieds et 3 pouces. Ses cheveux et ses sourcils sont blonds, ses yeux gris. Son nez est un peu long, sa bouche moyenne, son menton pointu et son visage ovale. Il a une petite cicatrice à l'oeil droit.

Dans le même élan patriotique, est lancée une souscrption publique nationale pour l'armement et l'équipement des volontaires. Mantes collecte 7 156 livres et 14 sols.

Une livre vaut 20 sols ou 240 deniers. La loi du 25 germinal an 4 impose le franc, à partir de 1795 jusqu'en 1800: 101 livres + 5 sols = 100F. 1F de 1798 vaut 9,81 euros.

 

Pour la petite nhistoire, Une loi du brumaire an II permet à chaque citoyen de changer de nom et de prénom. Les sieurs LE ROY père et fils de Mantes ne souhaitent plus porter "ce nom odieux à la République". Ils déclarent adopter le nom de DUCLOS pris du côté maternel. Mais la loi du 6 fructidor de l'an II rétablit l'ancien état-civil et oblige à reprendre ce qui y était inscrit.

 

Naturellement, ceci ne sont que deux épisodes de Mantes sous la Révolution française, tirés des archives municipales.

 

Mais à l'heure des flonflons des bals du 14 juillet, des défilés aux flambeaux et des feux d'artifice, méconnaître ou tenter de faire oublier tout ce qui fut les ferments et les espoirs de la Révolution de 1789, de 1830, de 1848 et de la Commune de Paris en 1871, n'est pas un gage de succès pour un avenir meilleur.