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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le 8 juin 1944 au soir, la division SS Das Reich entre dans Tulle. Elle remonte du sud-ouest pour le front de Normandie. La veille, dans la préfecture de la Corrèze, la Résistance avait infligé de lourdes pertes à l'armée allemande. Les SS du commandant Lammerding vont s'en prendre à la population civile. Ils veulent diffuser à l'échelon de la région un message de terreur pour dissuader les Corréziens de soutenir la Résistance. Ils vont semer la terreur, comme ils l'ont fait en Union soviétique: le 9 juin, 99 habitants de Tulle sont pendus et 149 déportés le 10 juin dont 101 ne reviendront pas des camps nazis de la mort. Ces exactions furent commises avec la complicité de la Wehrmacht et du SD, la police politique du reich nazi.

Après Tulle, tout le village d'Oradour-sur-Glane subira la mort par le feu et les armes de la part de la même division SS.

 

Dans les années 1950, "l'affaire de Tulle" s'enlisa devant les tribunaux français. Seul le chef du SD de Tulle sera condamné à 20 ans de prison mais n'en effectuera que six. C'était la Guerre froide et l'unique ennemi restait l'Union soviétique. Dès lors, Wehrmacht et SS furent blanchies. Le responsable nazi de la SD, le général Gelhen, est embauché par les USA. Puis en 1956, il devient le chef des services secrets de la République fédérale allemande.

Condamné à mort par contumace, le général SS Lammerding de la division Das reich décèdera de mort naturelle en 1971 au creux de la République fédérale allemande.

 

A la Libération, la France avait promis solennellement aux victimes de Tulle: "La nation ne vous oubliera pas. Justice sera rendue".

Ce dernier tome relate d'abord la fin de l'Occupation en Corrèze. Une décharge au bord de la route, surplombant la rivière Corrèze, fut le premier lieu de sépulture des 99 pendus de Tulle, le 9 juin 1944. Un retour sur les faits : dès le 7 juin 1944, les FTP avaient investi la ville de Tulle et fini par infliger de lourdes pertes à la garnison allemande, lorsque, le soir du 8 juin, survint la division blindée SS Das Reich. Celle-ci décida de faire exemple en s'en prenant à la population civile de Tulle, pour diffuser à l'échelon régional un message de terreur et pour dissuader la population civile de soutenir la Résistance. Le commandant SS Lammerding, un habitué de la répression massive pratiquée à l'Est, décida la pendaison de 120 civils ; en fait, 99 habitants furent pendus et, le 10 juin, 149 furent déportés, dont 101 ne devaient pas revenir. Depuis lors, l'« affaire de Tulle » a été amplement utilisée par les milieux pétainistes et négationnistes pour diffamer la Résistance FTP dans son ensemble. L'auteur B. Kartheuser réfute cette version des événements en démontrant - document à l'appui - que la troupe SS était animée, a priori, d'une volonté de faire un exemple en transposant les pratiques usuelles en Europe de l'Est et que les pendaisons et les déportations des civils ressortent de la responsabilité partagée de la Wehrmacht (haut commandement à Paris et dans la région), des SS et du SD, la police politique. - See more at: http://www.humanite.fr/node/400627#sthash.KI3S01y2.dpuf
Un historien belge a mené dix ans d'enquête sur le crime de guerre perpétré le 9 juin 1944 par l'armée allemande, les SS et la politique nazie.

Bruno Kartheuser (1), originaire de l'est de la Belgique, avait étudié, dans un premier tome, le contexte social et idéologique de l'enfance du futur agent nazi du SD (Sicherheitsdienst) Walter Schmald, originaire de Saint-Vith, près de Malmédy, en Belgique. Le SD, créé par le chef des SS Himmler, et dirigé dès lors par Heydrich, était d'abord un service de renseignement du NSDAP, puis l'organe qui surveillait les ennemis politiques du régime national-socialiste. Bon nombre d'agents du SD furent engagés en 1945 par des services secrets occidentaux sous l'égide du fameux général du SD Reinhard Gehlen, embauché par les Américains puis, en 1956, devenu le chef du BND (Bundesnachrichtendienst), service secret extérieur de la République fédérale d'Allemagne. En publiant les deuxième (l'Occupation), troisième (les Pendaisons de Tulle) et quatrième tomes, Bruno Kartheuser a parachevé son travail par une riche recherche historique dans différentes archives allemandes et françaises.

Ce dernier tome relate d'abord la fin de l'Occupation en Corrèze. Une décharge au bord de la route, surplombant la rivière Corrèze, fut le premier lieu de sépulture des 99 pendus de Tulle, le 9 juin 1944. Un retour sur les faits : dès le 7 juin 1944, les FTP avaient investi la ville de Tulle et fini par infliger de lourdes pertes à la garnison allemande, lorsque, le soir du 8 juin, survint la division blindée SS Das Reich. Celle-ci décida de faire exemple en s'en prenant à la population civile de Tulle, pour diffuser à l'échelon régional un message de terreur et pour dissuader la population civile de soutenir la Résistance. Le commandant SS Lammerding, un habitué de la répression massive pratiquée à l'Est, décida la pendaison de 120 civils ; en fait, 99 habitants furent pendus et, le 10 juin, 149 furent déportés, dont 101 ne devaient pas revenir. Depuis lors, l'« affaire de Tulle » a été amplement utilisée par les milieux pétainistes et négationnistes pour diffamer la Résistance FTP dans son ensemble. L'auteur B. Kartheuser réfute cette version des événements en démontrant - document à l'appui - que la troupe SS était animée, a priori, d'une volonté de faire un exemple en transposant les pratiques usuelles en Europe de l'Est et que les pendaisons et les déportations des civils ressortent de la responsabilité partagée de la Wehrmacht (haut commandement à Paris et dans la région), des SS et du SD, la police politique.

Dès la Libération, les criminels et responsables furent recherchés. Jusqu'en 1971 - mort naturelle du commandant de la division SS Das Reich, Lammerding, l'un des responsables des pendaisons -, en passant par les procès de Bordeaux dans les années cinquante, l'« affaire de Tulle » s'enlisa : devant les tribunaux français et dans les enquêtes allemandes sans aboutissement, pour n'être finalement qu'un obstacle gênant du programme forcé de l'« amitié franco-allemande », entériné en 1963 par le traité de l'Élysée. Wehrmacht, SS et SD furent tous pareillement engagés dans le massacre. Or, après le conflit mondial, la Wehrmacht fut acquittée. En ce qui concerne le SD, les vingt années de prison auxquelles le SD August Meier fut condamné à Bordeaux se réduisirent à six. De retour en Allemagne, son passé dans l'Einsatzgruppe C, avec 30 000 victimes à son actif, le rattrapa : nouvelle enquête, puis il se suicida en 1960. Pour les SS : Lammerding fut condamné à mort par contumace mais demeura intouchable.

À la Libération on avait pourtant promis solennellement aux victimes de Tulle : « La nation ne vous oubliera pas. Justice sera rendue. » Nous avons là une enquête minutieuse, menée durant plus de dix ans, nourrie de rencontres avec de nombreux témoins.

 

(*) PF.42, 4780 Saint-Vith, Belgique. En France s'adresser à la librairie Trarieux à Tulle : librairie.trarieux@orange.fr.
(1) Bruno Kartheuser est éditeur de la revue littéraire Krautgarten et auteur. (bruno.kartheuser@skynet.be). 
Tobias Baumann, doctorant en histoire

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sorcière and co 10/06/2014 11:24

personne n'avait donné de date pour que justice soit rendue, alors .....

caroleone 10/06/2014 11:15

C'est révoltant...comment faire son deuil quand le crime n'est pas puni ?