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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Ou l'opinion de Canaille le Rouge:

NVO et chronique d'une catastrophe construite avec assiduité.

Ce qui ce passe à la VO n'est pas une découverte pour qui suit depuis des années les évolutions de la presse syndicale confédérale.

On peut dire qu'une des premières phases d'une crise durable qui la traverse remonte au moment où en croyant qu'ajouter l'adjectifs "nouvelle" devant le titre suffirait à éliminer ce que les promoteurs de la nouveauté voulait enterrer de vieux, dont pour certains déjà l'analyse de classe de la société préférant cajoler une "spontanéité" des masses.

Sauf que la question de la diffusion de la VO (comme la lecture du Peuple dans les organismes de direction) n'est pas d'abord une question de maquette ou de prix. Les non-lecteurs syndiqués dépensent des sous pour trouver ailleurs les infos qu'ils cherchent en vain dans leur presse syndicale.

Par contre, il est tout à fait facile de dater la dérive : elle date du moment où la rédaction est passé à coté de grands mouvements sociaux ou en a choisi certains emblématiques à ses yeux en oubliant de parler des autres et oubliant singulièrement la partie "ouvrière" du titre.

Devant la colère militante, celle des lecteurs, plutôt qu'une remise à plat des pratiques avec les personels du journal et ses lecteurs, cela a été une fuite en avant de plus en plus imposée, avec des rendez-vous protocolaires lors des congrès pour valider des choix peu ou pas débattus, produisant, des résultats concrets qui ont enfoncé le journal dans le rouge : moins le contenu l'était, plus les comptes y plongeaient.

La Canaille se souvient des lettres de protestation adressées dans un premier temps à la rédaction du journal et à la direction confédérale, lettres quasiment à chaque fois restées sans réponses. Elles ont marqué un pli de rupture entre les militants qui persistaient à vouloir diffuser le journal et le contenu rédactionnel qui les mettait de plus en plus mal à l'aise pour le diffuser.

Au point que la question débattue dans les instances à conduit à une exigence de reprise en main qui ne s'est pas faite sur une base de reconquête et de débat politique, mais sur une base conflictuelle, de conception de marketing et de réglement de comptes.

Il traine, dans les couloirs de Montreuil et d'ailleurs, l'idée de dire que c'est lié à la nature de la presse écrite. "Quand l'octet s'éclate, le caractère s'efface". Ce serait vrai si le site internet de la CGT avait démontré qu'il pouvait relayer efficacement le support papier. Mais quand on voit que sur des questions statutaires ou des gros dossiers revendicatifs, les mises à jour datent de plusieurs mois voir années, la VO est encore un peu plus réactive (même si le contenu de ces réactions restent à débattre) que la situation sensée être ajustée en temps réel par les "NTIC".

Donc, si la question n'est pas technique, c'est quelle est politique. De quel moyen de communication, contact, information, le syndicalisme a-t-il besoin ?

Le type de support nécéssaire sera plus facile à choisir quand on saura quels liens la CGT veut avoir avec les syndiqués, quelles responsabilités pour les syndiqués de porter des orientations partagées (rôle satatutaire) en direction des salariés, entre les salariés et les syndiqués pour que les derniers deviennent de plus en plus en situation d'osmose.

Dans ce contexte, à lire les déclarations de la direction confédérale, celles des salariés de la VO, il est évident que la dimension conflictuelle n'est que l'expression d'une rupture qui n'est pas seulement entre une patronne de combat et "ses" salariés, mais plus profondément le constat de la crise relationelle entre la direction de la CGT et un des secteurs décisif de son activité.

Jusqu'à ce jour, Canaille le Rouge s'était bien gardé d'intervenir dans des débats qui doivent se mener cartes sur table, et d'abord carte syndicale. 

Au moment où les syndicalistes de la CGT sont les cibles privilégiées pour occuper des charrettes répressives d'une justice qui se réaffirme ouvertement de plus en plus de classe, voir une secrétaire de la CGT dire, dans une revue devenue célèbre pour abriter les agresseurs des acquis et lois sociales, "Un employeur reste un employeur, là, les intérêts sont antagoniques", conduit Canaille le Rouge à réaffirmer son camps: dans l'antagonisme de classe pour un point de vue CGT, ce qui prime, c'est le salarié, pas le patron.

Certes, des querelles peuvent exister, même graves. Mais demander à la justice de l'ordre social dominant de venir arbitrer un conflit entre ceux qui ont pour mission de le combattre, disqualifie ceux qui la solicite.

Ensuite, il faura bien que la CGT se décide à examiner si elle a besoin de patron pour mener son combat. Ce n'est pas qu'une boutade : le parti au pouvoir se dit socialiste et c'est lui qui saute à pied joint sur la tombe de jaurès.

 

Seulement voilà, maintenant nous en arrivons à un point de rupture qui confine à de l'absurdité, bétise, stupidité, crétinisme métabolique insupportable : voir la direction d'un titre qui s'honore d'avoir créé les chroniques juridiques venant en aide aux saalriés, le titre qui a en son temps décortiquait le droit pour permettre au travaileur de se défendre, trainer son CHSCT devant les tribunaux, c'est aussi peu reluisant que serait tordant de rire une charge  de CRS sur une manif de gardes mobiles.

Quand on arrive à ce point d'affrontement, pas question de maintenir en place contre vents et marées une direction capable de se pétrifier dans une attitude qui conduit à cette situation. Autant il est enviseable que les tensions soient aigues, mais de là à ce que la direction du journal syndical qui plus est de la CGT traîne devant la justice, dont on sait sa dimension de classe, les IRP du personnel, c'est une faute lourde qui doit être considérée comme telle. 

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