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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Témoignage de JEAN-PIERRE C. (ancien militant du PCF): « J'ai, moi aussi, milité pour le programme commun, pour son actualisation, pour faire élire Mitterrand, après avoir vendu «Changer de Cap», la proposition de programme pour un gouvernement d'union, que faisait le parti communiste français, qui était alors mien, aux partis socialiste et radical de gauche.

 

Les communistes que nous étions remarquions deux choses : d'abord la tiédeur dont faisaient montre les militants du parti socialiste, lorsque nous les sollicitions d'aller ensemble au porte-à-porte vendre le programme commun, et pendant la vente elle-même; la deuxième, c'était l'accueil fait par le public à ce programme commun, beaucoup moins enthousiaste, beaucoup plus réservé que celui que ce même public, quelques mois plus tôt, avait fait à «Changer de Cap»; et pour tout dire, le nombre des exemplaires du programme commun que nous avons vendus devait voisiner le cinquième du nombre des exemplaires vendus de «Changer de Cap». Cinq fois moins!...

 

Il y a un peu plus d'un an, j'ai retrouvé chez moi un exemplaire de «Changer de Cap», un du programme commun et un de ce programme actualisé; je les ai relus:

 

J'en ai tiré la conviction que de ces trois textes, un seul, «Changer de Cap», rédigé par les communistes sans intervention des socialistes ni des radicaux de gauche, était susceptible d'affaiblir le pouvoir politique illégitime des propriétaires des plus gros capitaux, et de nous permettre de faire avancer notre société; mais le PCF avait dû accepter de voir ramener cette possibilité à presque rien pour obtenir un texte commun aux trois partis de gauche, et l'actualisation a ensuite réduit ce «presque rien» à rien!

 

Lorsque Mitterrand fut élu, certes, les communistes pouvaient encore espérer que l'action revendicative de la classe ouvrière rétablisse les choses, et d'ailleurs, dans maints départements, le printemps et l'été ont vu des initiatives revendicatives: mais à l'automne, plus précisément à la mi-octobre, j'ai entendu quelques membres de ma direction fédérale (vous avez bien lu: ils étaient plusieurs sur cette ligne!) dire qu'il fallait éviter le développement des grèves revendicatives, et pour cela, freiner les syndicats!

 

Pour moi, je n'ai pas obéi: je jugeais leur ligne anti-communiste et contraire à l'intérêt de la classe ouvrière.

 

Mais d'autres camarades ont suivi cette ligne, et au mois de décembre, j'ai compris que la direction du parti l'approuvait!

 

La suite, vous la connaissez...

 

Mais il me reste une recommandation: retrouvez des exemplaires de «Changer de Cap» et relisez-le! Juste pour votre culture revendicative et communiste, même s'il n'a jamais été un programme de socialisme!...

 

Pris sur le blog de Le Diablo

 

Note de ma pomme: le programme commun de gouvernement est signé par le PC et le PS le 27 juin 1972, par les radicaux de gauche en 1973.

Il a été initié par les communistes avec "Changer de cap".

Mais il a été porté aussi par la CGT: lors de son 37e congrès confédéral à Vitry en novembre 1969 où la confédération se prononce pour "un accord entre les partis de Gauche sur la base d'un PROGRAMME rassemblant la majorité des Français autour de la classe ouvrière et auquel la CGT veut être associée". En mars 1971, la direction de la CGT publie un document: "Thèmes de réflexion sur les persecpectives du socialisme pour la France et le rôle des syndicats."

Dès lors, la CGT va être reçue par le PC et le PS. A son congrès de Nimes en avril 1972, la CGT réaffirme la nécessité de "l'union des Forces de Gauche (syndicales et politiques) sur la base d'un PROGRAMME COMMUN de gouvernement". Programme signé en juin de cette même année et que la CGT porte dans tous ses syndicats (déclaration de son instance dirigeante le 10 juillet 1972). Elle souhaite également "que l'ensemble des organisations syndicales s'entendent pour soutenir le programme de la gauche sur la base de leur préoccupations syndicales communes". FO, CFTC, CGC et FEN, engluées dans leur réformisme ne répondent pas à cette attente. Pas plus, la CFDT, elle empêtrée dans sa période gauchiste, ne soutient le programme commun.

 

Côté politique, à la présidentielle de mai 1974, François Mitterrand est présenté comme le candidat unique de la gauche, contrairement à l'élection de 1969 où le PCF, avec son candidat Jacques Duclos, recueille 21,3% des exprimés et Gaston Deferre pour le PS 5%. Au 2e tour de la présidentielle de 1974, Giscard d'Estaing l'emporte de peu avec 50,81% des voix.

Aux cantonales de 1976, la gauche progresse. Mais le PS et les Radicaux de gauche obtiennent 28,5% des voix et le PC 23%. Le PS est devenu le premier parti de gauche, ce qu'il confirme aux élections municipales de 1997.

A la rentrée de septembre 1977, le PC demande à ses partenaires de réactualiser le Programme commun signé en 1972, lesquels refusent. L'opinion publique met cet échec sur le dos des communistes. De son côté, la CGT va agir à la fois "pour que vive le programme commun" et sur son propre programme revendicatif passé loin derrière le Programme commun de la gauche. Initiative sans doute un peu tardive.

La CFDT met fin à sa période gauchiste et dit se "recentrer". En 1978, elle refuse toute perspective d'action nationale avec la CGT. Le 23 mars 1979, elle sabote la marche des sidérurgistes sur Paris initiée par la CGT. Elle signe avec le gouvernement et le patronat un accord concernant la casse de la sidérurgie française. Oui déjà.

Aux municipales de 1983, des villes dirigées par le PCF depuis 1977 reviennent au PS. A la présidentielle de 1981, François Mitterrand obtient 25,85%, le PC avec Georges Marchais 15,34%. Le PCF parle d'un "accident électoral". Il se trompe. François Mitterrand devient président de la République le 10 mai 1981 et 4 ministres communistes entrent au gouvernement.

De G à D, Jack Ralite, Chales Fiterman, Anicet le Pors, Marcel Rigout

 

Si des premières mesures vont dans le bon sens (augmentation de 10% du Smic et des prestations familiales, lois Auroux améliorant le Code du travail, retraite à 60 ans, etc), le marché intérieur n'est pas assez stimulé pour faire reculer le chômage et l'inflation. En outre, les nationalisations votées vont vite être bradées. Pire, en plein 41e congrès de la CGT, à Lille en juin 1982, le socialiste Pierre Mauroy, à la fois maire de la ville et premier ministre, annonce la rigueur et le blocage des salaires. Les ministres communistes ne quittent le gouvernement qu'en juillet 1984.

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sorcière and co 07/04/2014 09:25

relire changer de cap ne peut que faire du bien aux communistes qui ne croient plus à la possibilité de faire un monde meilleur, la seule alternative possible à la politique droitière de hollande c'est de remettre la barre à gauche mais à gauche toute, d'abord dans notre parti si l'on pouvait prendre appui sur notre histoire et prendre en compte nos expériences afin d'en tirer une ligne rouge visant notre objectif et abandonnant les querelles d'ego, on pourrait en discuter dans les cellules si elles existaient encore

aline 06/04/2014 19:07

Comme dans un tricot à demi-achevé où l'on remarque que la maille sautée et que la forme n'est pas conforme au modèle, et malgré les heures passées sur l'ouvrage, on se résigne à détricoter pour mieux recommencer. Mais il en faut du courage... Aline

Dubant 06/04/2014 16:29

Bon, et maintenant, on fait quoi ? Quelle alternative Jean-Pierre propose-t-il à la politique hollando-vallsienne, à part la relecture de "Changer de cap" ?