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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

J'ai reçu le numéro 3115 de la NVO auquel mon épouse et moi sommes abonnés, vu que nous sommes retraités et syndiqués à la CGT. J'y apprends par la plume de d'Agnès Naton, secrétaire confédérale de la CGT et directrice de la Nouvelle Vie Ouvrière que nous sommes 24 000 abonnés. Et j'en conviens avec elle, c'est bien trop peu quand la confédération dénombre 500 000 syndiqués. Jusqu'à présent, je ne connaissais pas ce nombre d'abonnés et mon syndicat auquel j'adhère depuis 1972 ne m'en a rien dit. Ni d'ailleurs aucune autre structure confédérale. Un peu comme si on convenait que laVO avait la rage. Surprenant, surtout inquiétant, parce que la VO fait partie de l'histoire de la CGT (journal révolutionnaire fondé en 1909 par un groupe de syndicalistes dont Pierre Monatte). La VO est aussi constitutive de notre ligne syndicale: contre le réformisme de la confédération et en devenant le journal de toute la CGT après la Libération, sans oublier son rôle clandestin sous l'occupation nazie. La VO fait égalemant partie de notre patrimoine culturel national vu sa longue existence au service des travailleurs.

Dès lors, dans la bataille des idées contre le réformisme social-démocrate, le patronat et la droite, sans occulter la clique des Le Pen & co, développer le nombre d'abonnements individuels, surtout abonner les structures de la CGT et tous ceux qui y sont en responsabilité (soit par leurs mandats d'élus, soit par leur rôle de dirigeants, est indispensable et urgent. Sinon, comme l'écrit Agnès Naton, "nous serons contraints au dépôt de bilan en 2015". Pour l'éviter, il faut "6 000 abonnements supplémentaires" tout en conservant "la confiance de nos 24 000 abonnés".

Pour impulser cette démarche, le Comité confédéral national (CCN) propose des réunions de travail décentralisées avec à l'ordre du jour l'avenir de la VO.

Avec la tribune de la directrice de la NVO, le journal de la CGT publie La NVO doit vivre, texte signé par les salariés de la Vie Ouvrière, employés, cadres et journalistes réunis en assemblée générale le 17 février 2014.

 

Comme ce texte nous invite aussi au débat, je suis allé sur leur site http://syndicatcgtnvo.com

Et voici le courrier que vient d’adresser le syndicat CGT multipro de la NVO aux organisations participant aux CCN décentralisés, lettre approuvée par  les salariés réunis en AG du 1 avril 2014 :

 

CCN décentralisés : mise en œuvre d’une « démarche » ? Ou passage en force ?

 

À l’heure où démarrent les CCN décentralisés qui ont notamment à leur ordre du jour l’avenir de la Nouvelle Vie Ouvrière (NVO) nous venons d’apprendre de source sûre que son avenir serait scellé depuis le mois de janvier. Ainsi la NVO papier actuelle cesserait de paraître dès le mois de juin, étend entendu qu’elle sera, dans le meilleur des cas, réduite à un trimestriel.   

 

Alors, pourquoi organiser des CCN décentralisés si la décision est prise ?

Pourquoi dire aux salariés que le projet est encore en discussion et qu’il est trop tôt pour pouvoir leur dire de quoi leur avenir proche sera fait ?

 

Le CCN des 11 et 12 février derniers n’a pas validé le projet d’Agnès Naton concernant l’avenir de la NVO. Il a validé sa démarche qui consiste à aller présenter ses propositions dans des CCN décentralisés… pour y « vérifier concrètement l’engagement politique et financier »  des organisations et de leurs syndicats sur ce projet.

 

Or, nous savons que l’arrêt de la NVO actuelle et la mise en œuvre des projets sont d’ores et déjà prévus pour juin (site nvo.fr et trimestriel payants). Une information que nous avons vérifiée auprès de plusieurs sources, notamment au sein de l’imprimerie du journal.

 

Alors, oui, nous nous permettons de dire que ce n’est pas une « démarche » qui est actuellement à l’œuvre mais un « passage en force » méthodiquement organisé de longue date.

Cela au mépris des salariés et des principes démocratiques censés gouverner notre organisation.

Pour s’en tenir aux faits qui ont émaillé ces derniers mois :

 

-  En perspective de la préparation du  CCN des 11 et 12 février dernier, le syndicat de la Vie Ouvrière avait demandé à envoyer les propositions des salariés aux organisations de la CGT par la voie officielle. Fin de non recevoir.

 

- Le syndicat avait demandé par écrit qu’une petite délégation de salariés assiste au débat concernant l’avenir de la NVO. Cela lui a été refusé, bien que s’étant déjà pratiqué par le passé. «  Depuis quand les salariés devraient-ils avoir un avis sur ce que nous avons à faire ? » leur a-t-il  même été dit récemment.

 

- Personne du journal – pas même les salariés membres du comité de direction – n’a été autorisé à participer aux CCN décentralisés. S’il était vraiment prévu que nous soyons tous amenés à mettre en œuvre les projets, pourquoi n’a-t-il pas été jugé utile que les salariés (rédacteurs en chefs, cadres commerciaux, administratifs…) entendent les débats ?

 

- À l’inverse, la directrice de la communication recrutée en janvier 2014 par la confédération a été invitée à tous les débats sur le journal.

 

- Or cette nouvelle directrice de la communication n’a toujours pas été présentée aux salariés de la Vie Ouvrière. Comment interpréter cela ?

 

- Dans un tout autre domaine : l’administrateur nommé à 50% au sein du journal en avril 2013 (par ailleurs Directeur de l’Administration Confédérale) n’est plus présent dans l’entreprise depuis plusieurs mois sans qu’aucune explication n’ait été fournie. Or, il avait été présenté comme une personne ressource en matière de gestion et de ressources humaines (RH).

 

 

Pour remonter un peu plus loin dans le temps… Et comprendre.

 

- Depuis quatre ans qu’elle est à la direction de la Vie Ouvrière Agnès Naton n’a rien entrepris pour tenter d’améliorer la situation mais a simplement acté chaque recul.

 

- Agnès Naton, qui n’est pas une professionnelle de la gestion, s’affirme comme seul maître à bord pour diriger l’entreprise depuis quatre ans. En 2012, par lettre ouverte, les salariés ont par exemple alerté le conseil d’administration sur les dérives de gestion constatées. Ils n’ont reçu aucune réponse.

 

- Lancé en juin 2012, le site d’information nvo.fr qui a englouti des centaines de milliers d’euros d’aides publiques à la presse numérique a été conçu par des non-professionnels de la presse, avec un prestataire recruté sans appel d’offre ; l’avis des salariés (journalistes de la presse papier et numérique, commerciaux…) n’a pas été pris en compte. Résultat : le nombre d’abonnés au web nvo.fr en mars 2014 s’élève à 667, encore en baisse sur le mois dernier…

 

- Le groupe de travail issu du CCN de février 2013 s’est rapidement réduit à peau de chagrin et ne s’est adjoint aucune compétence issue de la presse. Les responsables syndicaux qui le composent – dont nous ne nions pas les qualités – ne sont pourtant pas des spécialistes du secteur… (hormis le Secrétaire général du Syndicat national des journalistes CGT –SNJ CGT- qui a fini par démissionner du groupe de travail en février 2014.)

 

Actuellement, le climat à la Vie Ouvrière est marqué par des relations très tendues avec une direction qui maltraite les salariés :

 

-  Droit d’expression des salariés nié ;

 

- Tentatives de revenir par la force et la menace sur les accords et usages d’entreprise ;

 

- Démarches du CHSCT entravées. Aujourd’hui même Agnès Naton a annoncé aux élus du CHSCT, par courrier recommandé avec accusé de réception, qu’elle  conteste judiciairement la délibération du CHSCT initiant une expertise pour risques graves encourus par les salariés de l’entreprise Vie Ouvrière. Délibération faisant suite à une saisine du CE…

 

- Pressions pour faire modifier les procès verbaux des réunions du comité d’entreprise ;

 

- Sanctions à la tête du client et discriminatoires ;

 

- Dénigrement systématique, en dehors de l’entreprise, des salariés, de leur travail, etc.

 

Comment des salariés, qui pour certains travaillent depuis plus de vingt ans au service de la Vie Ouvrière et de ses publications, mais aussi de la CGT, pourraient-ils supporter d’être traités de la sorte ?

 

Comment les salariés pourraient-ils accepter passivement que le titre historique de la CGT, celui qui a accompagné toute son histoire, soit méthodiquement dépecé ? Cela sans le moindre débat de fond et sérieux avec eux et avec  les organisations, sans, au moins, s’interroger sur ce dont ne disposera plus la CGT quand elle n’aura plus la NVO ?

 

Car nous prétendons que la démarche actuellement mise en œuvre ne vise qu’à la disparition pure et simple du journal de la CGT et à terme de son entreprise de presse, la Vie Ouvrière.

 

Nous pensons qu’il existe des pistes pour sauver la NVO et la Vie Ouvrière, pour peu que la CGT toute ensemble veuille conserver son journal et ce qu’il représente comme enjeu pour notre syndicalisme.

 

Pour cela nous demandons qu’une véritable consultation démocratique soit lancée avec les organisations en partenariat avec des professionnels.

 

Nous demandons que le temps nécessaire à un débat sérieux soit pris.

 

Le bureau du syndicat multiprofessionnel CGT de la SA La Nouvelle Vie Ouvrière

 

NB : Lettre approuvée par les salariés réunis en assemblée générale le 1er avril 2014

 

 

Note de ma pomme: le débat doit être ouvert. Dans toutes les organisations et structures de la CGT. Avec tous ses acteurs et les syndiqués. La survie de notre VO ne doit pas venir que de quelques uns. La direction de la VO et son syndicat des travailleurs nous incitent à donner notre avis. On a jusqu'au 15 mai. N'hésitons pas sur contact@nvo.fr

S'il faut sans doute critiquer les uns ou les autres, le fond ou la forme, encore faut-il lire la VO et qu'elle soit lue par le plus grand nombre pour qu'elle vive!

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