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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

J'ai l'Espagne au coeur. Celle du 14 avril 1931, quand fut proclamée la seconde république espagnole. Le roi Alphonse XIII avait perdu les élections municipales et, forcé par la pression populaire, abdiquait et se résignait à l'exil.

J'ai l'Espagne au coeur. Celle de mon grand-père Eudaldo Casas qui passa la frontière française, sans papier, à 14 ans, pour rejoindre un oncle en France. Le capitalisme, qui porte la guerre comme les nuées l'orage, avait grandes utilités d'une main-d'oeuvre immigrée pour remplacer ses mineurs de fond partis au front. C'était dans les houillères de Carmaux en l'an 1914. Et puis en 1918, on chassa ces putains d'espangouins pour exploiter à leur place la classe ouvrière française, du moins la partie qui avait survécu à la première boucherie mondiale.

J'ai l'Espagne au coeur. Celle de la Retirada avec ma famille espagnole républicaine qui vint échouer dans le camp de concentration du Baccarès. Le 1er avril 1939, le général fasciste Franco avait battu leur république, après la terrible guerre civile qu'il entreprit en 1936, aidé par Hitler et Mussolini, pour la renverser.

Camp du Baccarès

J'ai l'Espagne au coeur. Celle de ces républicains espagnols qui, tel mon grand-père, entra en Résistance quand les Français de souche se résignaient, pire applaudissaient le maréchal Pétain.

Septembre 1944 : derrière le drapeau rouge-jaune-violet de la République espagnole, et coiffés de casques pris à l'ennemi, les guérilleros engagés dans la résistance française défilent devant le monument aux morts de Toulouse. Photo archives DDM - DDM

Libération deToulouse par la Résistance. Septembre 1944. Guerilleros espagnols derrière les couleurs de la République espagnole, coiffés des casques pris aux Allemands

 

J'ai l'Espagne au coeur. En ce moment, dans les manifestations grondant dans ce pays contre l'austérité et ceux qui l'ont servie ou la servent, de droite ou de gauche, fleurissent les 3 couleurs de la République.

Pas simplement pour la commémorer. Mais pour partir à sa reconquête et mettre à bas la Constitution de 1978 instituant une monarchie parlementaire avec pour monarque Juan-Carlos, petit-fils d'Alphonse XIII et désigné comme dauphin par le dictateur fasciste Franco avant sa mort.

Oui, cette soi-disant "transition démocratique" de 1978 enfanta le rétablissement des Bourbons, corset qui permit au capitalisme de prospérer comme hier sous la dictature franquiste.

"Gigantesque manifestation à Madrid". Le Monde 22 03 2014

 

Allez, Ay Carmela!

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sorcière and co 14/04/2014 20:06

grandeur de cette république espagnole, si la france l'avait aidée, hitler aurait hésité un peu plus avant de declarer la guerre, le monde aurait certainement changé de" face

Dubant 14/04/2014 15:13

Je pense qu'on ne parle pas assez de la lutte menée depuis la France par les réfugiés républicains espagnols. Ils ont non seulement été des forces importantes dans les maquis, mais beaucoup d'entre eux ont continué la bataille contre Franco de la Libération à 1975. Le film d'Alain Resnais "La guerre est finie", avec Yves Montand, en donne une image un peu romantique, mais mes souvenirs personnels, ayant fréquenté dans ma jeunesse de nombreux républicains espagnols en France, pour des raisons politiques et familiales, me rappellent des envois d'argent et de messages vers la Catalogne. Ces résistants en France et en Espagne étaient pour la plupart des gens rudes et droits, à la fois méfiants et généreux. On ne peut les réduire aux figures de Santiago Carrillo ou Dolorès Ibarruri, qui ont enterré les communistes espagnols sous des pratiques staliniennes d'un autre âge. La formule terrible d' après 1975 me semble assez juste: "Carrillo a réussi ce que n'avait jamais réussi Franco: détruire le PCE". Izquierda Unida a-t-elle repris le flambeau ? Les bagarres actuelles en Andalousie avec le gouvernement provincial PSOE (socialiste) semblent indiquer qu'il existe des recours à la politique de Rajoy et des successeurs de Rodriguez Zapatero. Cependant, à part quelques mages de Madrid, les médias français accordent peu de place aux luttes, contre les expulsions ou les lois anti-avortement par exemple, très présentes en Espagne. Les blogs de gauche devraient relayer ces mouvements.

le blog de Roger Colombier 14/04/2014 15:51

Absolument d'accord avec ton analyse.
Mon grand-père fut l'un des dirigeants locaux de la CNT-FAI, interdit de séjour en Espagne sous Franco. Communiste libertaire comme il se dénommait. ce qui ne l'empêcha pas de se syndiquer à la CGT ouvrier viticole dans le Narbonnais.
Mes grands-parents se marièrent civilement. Lorsque ma mère se rendit en Catalogne dans les années 1990, pour refaire les papiers de sa mère, il fut découvert sur l'état-civil espagnol que ma grand-mère était considérée comme "mère célibataire avec 4 enfants".

Lamalice 14/04/2014 10:05

No pasaran! Maintenant et demain, ici et ailleurs, partout et toujours,pour des lendemains qui chantent: Pour tous...