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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Madame la députée PS de la 8e circonscription des Yvelines, alors maire de Rosny-sur-Seine, et monsieur le maire UMP de Mantes-la-Jolie ont décidé de s'unir pour édifier un quartier en bordure de la Seine entre ces deux communes. Cet éco-quartier, comme ils le dénomment, serait en bordure du Val-Fourée, quartier dit "sensible" pour les gens qui se cachent la vérité.

 

Un éco-quartier (sic) de 6 000 logements dans un bout du Mantois particulièrement sinistré par le chômage, la précarité et le mal-être. 6 000 logements sans aucun projet sérieux de créations d'emplois. 15 000 habitants supplémentaires à qui il faudra des infrastructures éducatives, sociales et sportives, quand Mantes-la-Jolie a appliqué une augmentation de 38% de ses impôts locaux. 6 000 logements, c'est 10 000 véhicules supplémentaires dans une zone où la circulation s'engorge fréquemment. Et le tarif excessif des transports urbains en commun n'en est pas l'unique cause.

Mais pas de référendum sur ce projet engageant la ville et ses habitants.

 

Les moins de 20 ans ne sauraient connaître l'histoire du Val-Fourré (8 200 logements au total, la plus grande cité d'Europe) qui devait posséder équipements et commerces pour sa population. Mais, finalement, pour combler son déficit, ce fut des barres et des tours avec la mal-vie qui va avec lorsque la désespérance s'y installe durablement.

destruction des tours

 

Naissance du Val-Fourré ou « un air d’éco-quartier ».

Le 7 juillet 1958, le conseil municipal de Mantes-la-Jolie approuvait le plan-masse prévoyant 5.780 logements.

Seuls, les élus communistes s’opposent à l’ampleur de cette opération. Oui à la construction de 3 000 logements pour les sans-logis, les mal-logés et les jeunes désirant établir un foyer. Non que Renault à Flins et Peugeot à Poissy viennent y entasser leurs ouvriers, alors que des logements en leur faveur peuvent être construits à proximité de ces 2 usines. De plus, le bilan financier inquiète.

Les faits devaient leur donner rapidement raison.

 

LE NOMBRE DE LOGEMENTS PREVUS AUGMENTE TRES RAPIDEMENT.

 VF

 

Le 3 septembre 1962, le maire, Jean-Paul David (droite), fait approuver le plan-masse du Val-Fourré. Le nombre de logements est passé à 7.074 pour équilibrer financièrement l’opération. Mais ce n’est pas fini. Il atteindra ensuite le chiffre de 7.500 puis 8.230 en 1971.

 

LA RECHERCHE DU MOINDRE COÛT

La construction s’engage dans cet esprit : logements en bande et surtout en hauteur pour édifier à moindre coût un maximum d’appartements sur un minimum de surface. Vont s'édifier des barres et des tours.

 

DES CONSEQUENCES FINANCIERES GRAVES POUR LA VILLE

Pour le maire, toutes les dépenses seraient couvertes et la part de la Ville se limiterait à sa participation obligatoire pour les groupes scolaires (il fallait tout de même plus de 200 classes).

En 1978, la Ville a participé pour près de 6 milliards de centimes – soit cinq fois plus que prévu.

Après la défaite de la droite aux municipales de 1977, il fallut terminer les constructions en cours et, en particulier, les équipements sociaux et culturels non réalisés (mairie-annexe, bureau d’aide sociale, bibliothèque, agence commerciale des PTT, caisse d’allocations familiales, stade nautique, etc) avant d’engager des réhabilitations (de façades) sur un bâti qui avait (vite) mal vieilli avant d’affirmer que « maintenant, il fallait détruire ». Et le centre commercial pour une population de 20 000 habitants n'existe plus depuis longtemps...

Une affirmation de détruire que la droite reprend à son compte avec Pierre Bédier, maire en 1995 : 400 millions d’euros sont consacrés à détruire plus de 1.200 logements sociaux au Val-Fourré.

Et la dette, les impôts locaux, d’opération en opération, n’en finissent pas d’exploser !

 

AUJOURD’HUI L’ECO-QUARTIER FLUVIAL ?

Le maire, qui n’avait jamais voulu prendre en compte le nombre de mal-logés (2.000) le met brusquement en avant pour justifier cette opération.

Quant au Val-Fourré,  ce sont 20 981 habitants qui y vivent, dont 6 748 étrangers (chiffres INSEE mars 2011), pour Mantes-la-Jolie qui en compte au total plus de 43 000.

La population totale (16 à 64 ans), selon l'INSEE, est de 13 776, avec seulement 54,8% en activité (7 552) et 1 254 précaires.

13,2% des OS sont sans-emploi, 13,4% pour les ouvriers qualifiés, 27,3% pour les employés et 43,1% pour les employés qualifiés.

La scolarisation des 16-24 ans est de 56,8%. 11 337 habitants n'ont aucun diplôme, 2 081 le niveau bac et 1 656 le bac +2. Oui, l'ascenseur social, qui est la scolarisation et la réussite dans les études, n'est pas non plus présent.

L'éco-quartier est une aberration sociale et écologique. Et peut-être à ce sujet, aurait-il était utile pour le Mantois que EELV se prononce. Les Verts, ou ceux qui s'en reccomandent, ne l'ont pas fait. Est-ce à cause que 2 de leurs ministres sont bien au chaud au gouvernement?

 

« Un peuple sans mémoire est un peuple sans histoire » avait écrit Karl Marx. A méditer …

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aline. 14/03/2014 09:40

Bonjour Roger, j'ai connu le V.F. en 75, l'âge d'or, un mélange homogène de toutes provenances (provinces, iles, autres-pays), de toutes catégories professionnelles, sociales....de toutes confessions, le marché, c'était couleur, odeurs, saveurs et clameurs de régions diverses et dans la bonne humeur! La fêlure je l'ai sentie aux premiers grandes crises dans l'industrie, Renault et Simca-Talbot touchées. Et puis le déclin avec ses sursauts de survie. Aussi c'est hallucinant de se lancer dans ce projet démesuré de prétendu "ECO " quartier qui n'a rien d'ECOnomique, et encore moins d'ECOlogique car en plus de tes arguments aujourd'hui jour de grand pic de pollution, il faut noter que le bois de la Butte Verte poumon de la ville de Mantes sera amputé des 2/3 de son effet bienfaisant sur l'air de la ville, on aura bonne mine à utiliser les pistes cyclables avec des masques et des flacons de ventoline! alors LES VERTS on se bouge maintenant? Aline