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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Oui, il croyait l'orage passé et que les citoyens avaient pardonné les mesures antisociales votées et tous les cadeaux offerts au patronat. Mais la claque fut bien plus sévère qu'au premier tour: ce n'est qu'un juste retour des choses lorsque, depuis mai 2012, François Hollande conduit une politique de droite avec un gouvernement socialo-écolo. Et ce dessin de Babouse, paru dans l'Humanité, illustre bien la débâcle massive en question:

Si la vague de droite est incontestable, l'écume brune de l'extrême-droite est aussi évidente, même si le compagnon de la fille de son père échoue à Perpignan, comme le vice-président du parti d'extrême droite à Forbach, ou le député Fn Collard à Saint-Gilles. Il n'en reste pas moins que la clique des Le Pen et consorts conquiert plus d'une dizaine de villes, dont le 7e secteur de Marseille, dans les quartiers populaires du nord de la ville où il adminisrera plus de 150 000 habitants.

 

Le carton rouge du premier tour est amplifié pour le PS sur fond d'une désertion encore plus importante des urnes de la part des électeurs de gauche, notamment des classes populaires. En recensant l'abstention en hausse (38,6%), les bulletins blancs ou nuls et les non-inscrits des quartiers prolétariens, 4 citoyens sur 10, dégoûtés par la chose politicienne, dont beaucoup espéraient une société meilleure à leur endroit en mai 2012, sont restés chez eux.

Ce désaveu populaire s'exprime aussi envers les villes à direction communiste. L'Humanité a beau écrire que le bilan du PCF est contrasté, les faits sont là: de nombreuses cités dirigées par les communistes, certaines depuis des lustres, sont tombées dans la besace de la droite. Mais, face à une population en désespérance sociale, soumise au chômage et à la précarité, même avec un bon bilan de gestion, ne fallait-il pas se démarquer de la politique nationale conduite par le PS, en la dénonçant clairement au Parlement comme dans son programme municipal? Et le PCF ne fléchit pas également du fait que son organisation à la base, près des masses, n'existe plus ou si peu?

 

L'Humanité titre encore "Le Front de gauche maintient ses positions".

Mais concrêtement où en est-il après ces élections, quand ses 2 composantes majeures, le PCF et le PG, sont partis désunis entre des alliance dès le premier tour avec les tenants de l'Elysée pour des communistes et des listes autonomes pour le parti de Mélenchon? Avec des aberrations, comme par exemple à Grenoble où la liste écolo-PG en tête au premier tour se voit opposée au PS allié avec le PCF!  Le Front de gauche déboussolé, éparpillé sur des listes adverses, pourra-t-il se présenter uni lors des élections européennes du 25 mai prochain? Déjà, par la voix de Jean-Luc Mélenchon, le PG appelle "à un nouveau bloc à gauche" et interpelle les Verts "en position centrale aujourd'hui".

Si un autre changement radical de la politique gouvernementale est urgente et nécessaire, la clarté de l'action dans les quartiers et les entreprises, au plus près du peuple, doit être aussi à l'ordre du jour.

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