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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Angela Merkel est la chancelière de droite d'Allemagne. Mais des socialistes collaborent aussi à son gouvernement. On appelle ça la "grande coalition" (capitaliste note de ma pomme). Et dans cette participation social-démocrate, émerge FranK-Walter Steinmer ministre des Affaires étrangères.

Comme ce n'est pas un perdreau de l'année et qu'il dirige les affaires extérieures du pays régentant l'UE avec Bruxelles, quelques mots sur son pedigree.

 

Ce 31 janvier, dans le cadre de la Conférence de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), il déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : « L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde. »  Tout un programme. L'OSCE a été créee en même temps que l'OTAN dans le cadre de la Guerre froide entre l'Ouest et l'Est. Mais la chute du Mur de Berlin advenu, l'OTAn est demeuré et l'OSCE aussi. Bref, l'Allemagne ne va compter pour rien et ce, avec le soutien des USA, via l'OTAN son bras armé et l'OSCE son bras politique.

Angela Merkel n'a pas adoubé Frank-Walter Steinmer au hasard. Le zigue (dit de gôche) a fait carrière dans les services spéciaux allemands, jusqu'à en devenir le grand chef en 1999 et avoir sous ses ordres le BND (Bundesnachrichtendienst), le service fédéral de renseignement. A ce titre,  il a été le responsable des programmes germano-américains nommés « guerre contre le terrorisme ». Et toujours à ce titre, dans l'ex-Yougoslavie, notamment en Serbie et plus particulièrement au Kosovo, il n'a plus reconnu l'UCK (Armée de libération du Kosovo) comme une organisation terroriste. Pire, il l'a soutenue sans réserve, sur le plan matériel, technologique et de propagande dans sa guerre contre le gouvernement de Serbie. Et dans ce cadre-là, sa collaboration fut sans faille avec les USA pour "l'indépendance du Kosovo".

Le même zigue ne cache pas son admiration pour l'impérialisme américain. En 2009, il écrit une lettre ouverte à Obama (via Le Spiegel du 12 janvier 2009): «Ensemble, nous pouvons façonner le monde du XXIe siècle. »

Les événements en Ukraine tombent donc à pic pour nourrir  son activisme: en association avec son collègue polonais, Radoslaw Sikorski, il a contribué à faire basculer le pouvoir à Kiev. Non sans raison, ce dernier avait déclaré à Berlin en 2011: «Je redoute moins la puissance allemande que l’inaction allemande.» Le ministre polonais n’a rien à craindre, le camarade Steinmer s’occupe déjà des dossiers de la Moldavie et de la Géorgie. Et Sikorski, lui, est pressenti comme futur candidat au poste de secrétaire général de l’OTAN, bras armé des USA quitte à me répêter.

Et aussi dans le collimateur de Steinmer, la Béliorussie...

 

Il va sans dire que notre très élégant ministre des affaires étrangères à nous fait pâle figure à côté de son pote de l'Internationale socialiste. Que voulez-vous,  l'Elysée n'est que le gérant loyal du capitalisme, pas l'un de ses patrons. Et tous ses chambellans que de pâles valets.

 

Pour plus d'autres renseignements sur le ministre socialiste allemand des affaires étrangères: http://www.humanite.fr/monde/l-ukraine-et-le-savoir-faire-de-la-nouvelle-diplom-560584, le papier de Vladimir Caller, analyste politique.

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