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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Mais dans un communiqué, le ministre du chômage et de la précarité Michel Sapin "salue la responsabilité dont ont fait preuve les partenaires sociaux gestionnaires de l’assurance chômage en dégageant un projet d’accord ce vendredi 21 mars".

En fait, ce communiqué démontre que les dés étaient pipés dès ce vendredi. En effet, la compromission avec le patronat et la CFDT, la CFTC et FO (tiens un revenant parmi lesdits "partenaires sociaux"), n'a abouti que samedi à minuit et demi et non pas la veille au soir.

 

Seule modeste avancée pour les sans emploi, la mise en place de droits rechargeables (la possibilité d’être mieux indemnisé en cas de réinscription à Pôle emploi sans avoir épuisé ses droits antérieurs). Mais de l’autre côté, le patronat économise 800 millions d’euros sur le dos des demandeurs d'emploi.

Ce n'est pas tout. Dans le cadre du cumul d’une activité réduite avec les allocations chômage, les indemnités seront réduites à 70 % du salaire antérieur. L'indemnisation des interimaires passera par ce dispositif, ce qui fera perdre en moyenne 20 % d indemnisation. Ensuite, le délai de 75 jours maxi pour toucher les allocations chômage après le versement d’un chèque de départ sera reporté à 180 jours. De même, un différé d’indemnisation plus long, de l’ordre d’un mois sera appliqué pour les intermittents, qui devront également cotiser deux points de plus à l’assurance chômage. Tout comme les séniors à partir de 65 ans, ce qui n’était pas le cas avant. Enfin, le taux de remplacement du salaire sera abaissé de 57,4% à 57% pour les demandeurs d’emploi qui touchaient un revenu supérieur à 2000 euros, ce qui fera mécaniquement baisser leurs allocations.

Jean-François Pilliard, représentant du Medef, se félicite « Nous sommes satisfaits de cet accord. Nous n’avons jamais été dans une logique d’augmentation des cotisations ». Ben oui, le patronat ne débourse pas un centime d'euro dans cette pseudo-négociation.

 

Il serait peut-être temps de sortir de l'impasse autour du syndicalisme rassemblé avec des organisations qui ont choisi carrément leur camp. Il serait peut-ête temps que l'on traite carrément la politique de l'Elysée de politique droitière et que l'on cesse d'attendre des avancées sous les ors du Parlement ou dans un corridor de l'Elysée.

Dans la grave crise que subit le peuple de France, la lutte n'est pas facile à organiser. Mais elle l'est d'autant moins que l'on pense faire revenir à une gauche de justice et de progrès social ceux qui ont la majorité au Parlement, dans les Départements ou dans les Régions.

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