Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) avait souhaité rencontré la CGT afin d'évoquer les questions d'actualité, notamment les problèmes liés à l'extrême-droite et les relents racistes dans notre pays. La réunion eut lieu ce 28 janvier.

 

Or voici le communiqué du CRIF sur cette réunion: Au cours de l’entretien avec le Président du CRIF, les responsables de la CGT Thierry Lepaon, Secrétaire Général et Éric Laffont, secrétaire confédéral, ont démenti tout soutien au BDS (Boycott Désinvestissement Sanction), contre Israël ; ils ont affirmé que si des militants de la CGT ont pu, ici ou là, afficher un tel soutien, ils n’avaient aucun mandat pour le faire."

 

Et voici le courrier que Thierry Lepaon a adressé le vendredi 31 janvier 2014 à Roger Cukierman, Président du CRIF.

Monsieur le Président,

Je suis très étonné de découvrir un compte-rendu à la fois partiel et erroné de la rencontre que nous avons eue avec vous-même et des représentants de votre association. Rappelons que cette rencontre faisait suite à une invitation de votre part afin d’évoquer les questions d’actualité et notamment la question de la montée de l’extrême droite et notre inquiétude commune face aux relents d’antisémitisme, d’islamophobie et plus globalement de racisme dans notre pays.

Sur la méthode d’abord, lorsqu’une rencontre de ce type est prévue avec des dirigeants de la CGT et notamment le Secrétaire général, il est d’usage de nous faire part au préalable de l’intention de rendre compte publiquement de l’échange et d’en faire vérifier le contenu par les participants. Ce manque de rigueur de la part d’une organisation comme le CRIF est de nature à entacher une relation de confiance entre nos organisations.

Cette démarche aurait permis de corriger une grave inexactitude dans les propos que vous me prêtez concernant la position de la CGT vis-à-vis de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction). En l’occurrence, je n’ai fait que confirmer que la CGT ne s’inscrivait pas dans la campagne BDS. En revanche, la CGT n’a jamais condamné ni ce mouvement ni ses acteurs dont certains sont d’ailleurs des adhérents de la CGT.

Le titre de l’article « La CGT condamne le BDS » posté sur votre site sous la rubrique « Le CRIF en action » me paraît relever d’une intention qui n’est pas respectueuse à l’égard de la CGT et de ses prises de positions.

Je vous demande donc de le supprimer. Afin qu’il ne subsiste aucune ambiguïté sur ce sujet, je me permets de vous rappeler brièvement la position de la CGT et les actions qu’elle mène, aussi bien en faveur de la paix entre les peuples israéliens et palestiniens que de la liberté d’expression des militants du BDS en France.

Ces actions s’inscrivent dans la solidarité de la CGT à l’égard des travailleurs de tous les pays et en faveur de la paix dans le monde. Elles partent du constat de la situation dramatique de la Palestine qui s’enracine dans l’occupation illégale des territoires conquis par Israël et le renchérissement de sa politique de colonisation. La CGT a toujours œuvré aux côtés de celles et de ceux qui se mobilisent pour la paix, en Israël comme en Palestine. Elle entretient des contacts syndicaux avec les travailleurs de cette région et c’est en lien avec ces organisations syndicales qu’elle recherche les moyens les plus efficaces et participe aux campagnes en faveur d’une paix juste et durable au proche-orient.

C’est le sens de la délégation conduite par Bernard THIBAULT en février 2013 en Palestine, à Gaza et en Israël. Forts de cette approche, nous considérons que le boycott global d’Israël ne favorise pas cette stratégie de paix et la coexistence de deux Etats, l’Etat Palestinien et l’Etat d’Israël. Par contre, la CGT s’inscrit totalement dans la campagne d’interdiction des produits fabriqués dans les colonies et dans l’obligation de transparence sur l’origine des produits israéliens destinés à l’exportation afin que l’Etat d’Israël soit contraint de respecter le droit international.

Enfin, je vous rappelle que la CGT, par la voix de Bernard THIBAULT, alors Secrétaire général, est signataire de l’appel initié par Stéphane HESSEL pour la relaxe des militants poursuivis pour leur participation à des actions de boycott. Ce soutien a été renouvelé le 17 décembre dernier, par une délégation de la CGT, de la LDH, de l’AFPS et de parlementaires auprès de la Ministre Christiane TAUBIRA demandant le retrait des circulaires Alliot-Marie et Mercier. Je tiens à vous préciser que je rendrai ce courrier public et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.

Thierry Lepaon
Secrétaire général de la CGT

 

Et voici qui est l'association BDS (voir plus sur son site):

La campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) a été lancée par la société civile palestinienne en 2005, suite à des dizaines d’années de lutte contre Israël et sa politique d’apartheid.
Les Palestiniens font appel aux citoyens de conscience du monde, afin que prenne fin le plus long conflit de l’histoire récente, en leur demandant de boycotter tous les produits israéliens, mais aussi de pratiquer un boycott sportif, culturel et universitaire.
Ils nous demandent également de faire pression sur les entreprises étrangères, notamment européennes, afin qu’elles arrêtent leur collaboration avec cet Etat criminel.
Enfin, ils nous demandent de faire appliquer par nos Etats les sanctions qui auraient dû être appliquées depuis des dizaines d’années devant ce déni de droit intolérable.
Il apparaît aujourd’hui que, loin des grands débats théoriques, la campagne BDS est une arme efficace pour faire plier Israël, d’autant que nous ne pouvons rien attendre de l’Onu ou des autres pays.

 

Note de ma pomme: Peut-être pour y voir plus clair dans la position de la confédération. La CGT ne s'inscrit pas dans un boycot total d'Israël, en fonction de la coexistence de l'état israélien et l'état palestinien dans cette région. Par contre, elle soutient "la campagne d’interdiction des produits fabriqués dans les colonies et l’obligation de transparence sur l’origine des produits israéliens destinés à l’exportation afin que l’Etat d’Israël soit contraint de respecter le droit international."

Oui, mais l'état d'Israël se fiche complètement des résolutions votées par l'ONU. Il poursuit la colonisation de la Palestine et sa politique d'apartheid notamment avec la construction d'un mur...

PNG - 425.5 ko

D'après l'article d'Hervé Amiot Les clés du Moyen-Orient Médiapart 2-10-2013

Commenter cet article

Serge des bois 02/02/2014 09:54

Heureusement, ton information arrive, complète et honnête, car depuis 3 jours, tout le monde y est allé de son caca nerveux en se jetant sur la première info qui s'est avérée être une intox du CRIF, une de plus !

Ce sujet mériterait une véritable analyse portant sur quelques points fondamentaux :

1 - Qui a décidé de cette rencontre ? Est-ce Lepaon, ou a-t-il reçu mandat du bureau confédéral ?
2 - La commission exécutive de la CGT a t-elle été consultée ?

Ces deux questions ramènent au fonctionnement démocratique de la CGT, son "gouvernement" restant la commission exécutive. C'est elle et elle seule qui a le pouvoir de décision entre 2 congrès, le bureau confédéral étant chargé de mettre en application ses décisions (dis-moi si je me trompe).

Lepaon est donc redevable de tous ses actes devant cette commission exécutive et s'il a outrepassé ses prérogatives, celle-ci doit en tirer toutes les conclusions pouvant aller jusqu'à l'exclusion de son poste.

Ceci étant dit, à titre personnel, je considère que les relations avec cette organisation ne devraient pas exister, ses buts et ses moyens étant contraires aux idéaux défendus par la CGT. On peut le mesurer une nouvelle fois à cette occasion. Tout ce qui tire une partie de la classe ouvrière vers un repliement communautaire est contraire aux intérêts de celle-ci. Sinon, pourquoi ne pas créer la CGT des juifs, des musulmans, des bouddhistes, des catholiques de France, etc ....