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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Les divers initiatives autour de mon livre Le village de Gassicourt et le chemin de fer ont permis de m'entretenir avec des descendants de cheminots de Gassicourt, comme de correspondre avec d'autres en France et aussi avec un professeur d'histoire installé aux USA. Avec cet article, un prêt de cartes postales de ce temps-là, clichés immortalisant les alentours de cette cité, elle qu'aucun photographe n'a figée pour l'éternité et qui fut détruite après les bombardement alliés de 1944.

 

La naissance de la cité

Ses trois premières maisons apparaissent dans le recensement de 1856 et ce document administratif  la dénomme "hameau de la station". C'est un écart du petit village de Gassicourt en Seine-et-Oise, construit face au dépôt de machines et près de la gare de Mantes-Embranchement raccordant la ligne de Paris à Rouen aux voies menant bientôt vers Cherbourg.

Le terrain appartient à William Buddicom, ingénieur et financier britannique qui a acheté force parcelles agricoles à des paysans de Gassicourt pour presque rien. Willian Buddicom est aussi le patron des ateliers de Sotteville-lès-Rouen qui construisent les premières locomotives de la ligne ainsi que des wagons ou des voitures voyageurs. Il revendra ses terrains de Gassicourt et ses installations ferroviaires normandes en 1860 à la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest, empochant ainsi des plus-values conséquentes.

Si le cahier des charges, concernant la ligne de Paris à Rouen, précisait que cette compagnie ne devait acheter que les terrains nécessaires au chemin de fer, les capitalistes français et britanniques s'approprièrent les abords en des points stratégiques pour leurs affaires et jusque dans des cités de la côte normande.

La cité Buddicom n'est pas à proprement dite une cité ouvrière, puisque les cadres dirigeant le chemin de fer y logent avec leurs familles. Ainsi, dans le recensement de 1856 et ses 3 premières maisons figurent le chef de gare, un Britannique chargé de la formation du dépôt et le patron du buffet de la gare qui occupe l'aile droite de Mantes-Embranchement.

 

La population de la cité Buddicom

Les poseurs de voies ne logent pas dans la cité Buddicom. Régionaux, ils ont manié la pelle et la pioche pour créer la voie ferrée, ce qui ne changeait pas beaucoup de leur rude labeur de journaliers agricoles. Par contre, la cité va accueillir d'abord les cheminots du dépôt de machines et bien après, ceux de la gare de Mantes-Embranchement: métiers inconnus dans Gassicourt agricole et rural. Cette population provient principalement des départements de l'Ouest que la mécanisation a chassé des campagnes. S' y agglomèreront les agents de la Compagnie de l'Ouest venus prendre une qualification sur le site ferroviaire de Seine-et-Oise.

Le recensement de 1861 distingue 19 maisons et 74 habitants. Hormis le chef de gare et sa famille, le restaurateur du buffet et la sienne avec son personnel (2 domestiques, 1 cuisinier et 4 garçons de salle), un cafetier et sa femme, les autres familles appartiennent aux agents du dépôt, à l’atelier (1 ajusteur, 1 chaudronnier et 1 menuisier), ou roulants (9 mécaniciens). La gestion administrative du dépôt est assurée par un chef de bureau, le commandement par un chef de dépôt et son adjoint.

John Brady et Emile Paris, cheminots dans la cité Buddicom à Gassicourt

Quand la population cheminote va augmenter, elle déborde la cité primitive pour s'installer le long de la voie ferrée, autour de la gare et dans les rues avoisinantes. Comme tout ce monde se tient à plus de 1 kilomètre du bourg, des commerces vont s'établir dans leurs abords, pour la nourrir mais aussi pour les voyageurs de Mantes-Embranchement.

Dans l'ordre des cartes postales:

- café-épicerie au début de la cité, côté gare

- café-épicerie derrière la cité

- passerelle enjambant les voies pour se rendre au dépôt

La cité Buddicom, première cité des cheminots en France
La cité Buddicom, première cité des cheminots en France
La cité Buddicom, première cité des cheminots en France

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