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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Un mal qui répand la terreur,
Mais que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
Le capitalisme (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour un patron,
Faisait aux travailleurs la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
Surtout les chiens de pauvres et les inoccupés
Même ceux cherchant dans leur mourante vie
Le salut de la social-démocratie.
François tint alors conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J'ai menti à force moutons.
J’ai même trompé tout le peuple de France.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense !
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit Ayrault, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, mentez aux moutons, trompez les sottes espèces!
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
Ainsi beaucoup d'honneur.
Ils sont dignes de tous leurs maux,
Ces gens-là ne sont que de vils animaux.
Préférez donc Gattaz et même pire,
Si vous souhaitez conserver votre petit empire.
Ainsi dit Ayrault, et flatteurs d’applaudir
Et on n’osa plus approfondir
Du PS ni de la CFDT, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous ces gens de bon sens, jusque dans cette Cour, de simples mâtins,
Aux dires de chacun étaient de petits saints.
L’Ane, l'un d'en bas, vint à son tour et dit : j’ai souvenance
Que devant une urne passant
L’occasion, le rêve tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
J’ai déposé un bulletin, dessus des lendemains qui chantent…

Je n’en avais aucun droit puisqu’il faut parler vrai.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Valls quelque peu clerc prouva par A plus B
Qu'il fallait dévouer ce maudit, ce pelé
Ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Son hérésie fut jugée un cas pendable.
Renier la Loi ! Quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous garderont blanc ou noir.

 

Mille excuses pour ce plagiat à ce bon monsieur Jean de La Fontaine. Et pour me faire pardonner, ce dessin:

 

Commenter cet article

caroleone 19/01/2014 21:26

Bonsoir Roger,

Tu n'as rien à envier à ce bon La Fontaine, de Roger le troubadour, maintenant tu es Roger La Fontaine et c'est tant mieux pour nous car la poésie adoucit les maux du capital qui nous en fait voir de belles.
Bravo encore pour cette richesse

Amitiés

caro

sorcière and co 19/01/2014 20:25

satire qui ne devrait pas empêcher le sieur de lafontaine de dormir en paix, car ce texte est de sa veine, de l'humour qui ne nous fait pas oublier que nous sommes tous de grands malades, car déjà échaudés avec les socs demo precedents nous avons replongé avec françois le hun