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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Bon, ça c'était d'un autre temps, beaucoup plus révolutionnaire et sans doute plus près des aspirations du peuple.

 

Dernièrement, la presse a épinglé des candidats Ump pour les municipales à Paris. Ils occupait des logements sociaux. Médiapart vient de révéler que 5 adjoints (sur 36) au maire Delanoé ne sont pas en reste Ils sont rémunérés 5 500 euros brut par mois. Certains ont des activités et donc des ressources complémentaires, sans parler des revenus découlant d'un éventuel conjoint.

Jean Vuillermoz, conseiller de Paris depuis 2001, puis adjoint PCF aux sports depuis 2008, vit près du métro Saint-Fargeau, dans le 20e arrondissement, dans un appartement de 53 m2 depuis 1990. Il paye un loyer de moins de 300 euros par mois (hors charges) dans un immeuble de la RIVP (régie immobilière de la ville de Paris). Dans le privé, il paierait 1.100 ou 1.200 euros par mois. Il touche actuellement une retraite de 2.800 euros pas mois de la RATP, en plus de son indemnité. Il assure reverser 2.000 euros par mois au PCF. Pourquoi ne pas être allé dans le privé, l'interroge Mediapart ? "Je ne reverse plus l’intégralité de mes revenus d’élu au Parti communiste comme je le faisais quand j’étais conseiller régional, mais quand même environ 2000 euros par mois. Je n’aurais pas les moyens d’aller dans le privé. Si on veut des gens modestes au Conseil de Paris, on ne peut pas interdire de vivre dans des logements sociaux".

Liliane Capelle, adjointe PS en charge des seniors et du lien intergénérationnel, huitième sur la liste PS dans le 11e arrondissement, habite depuis 1993 un logement de 100 m2 pour lequel elle paie 1.800 euros. Mais sa situation est très différente : elle n'a pas cherché à habiter un logement social et ne bénéficie pas d'un loyer avantageux. Elle s'est installée en 1993 dans cet appartement privé du XIe arrondissement, puis, en 2004, ce logement a été racheté par la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP). Elle a pu rester dans les lieux, à condition qu'elle continue à s'acquitter de son ancien loyer de 1.800 euros. "Je n'ai pas de loyer préférentiel donc l'idée de partir ne m'a pas effleuré l'esprit", dit-elle.

Pierre Mansat, adjoint apparenté PCF depuis 2001 en charge de Paris-Métropole, habite un 75 m2 dans le 12e arrondissement et dit payer 1.100 euros par mois. Soit 500 euros de moins que le prix moyen constaté sur le marché par l'Observatoire des loyers. En plus des revenus de son mandat, l'élu touche une retraite de La Poste qu'il évalue à "quelque chose comme 1.600 euros" et une retraite de conseiller de Paris, souligne Mediapart. Pierre Mansat dit "avoir une conception ouverte du logement social" : "Il ne doit pas être réservé aux plus pauvres, je pense. Mais répondre à l'ensemble des besoins de la société". Il ne fait pas partie des listes d'Anne Hidalgo. Alors, avec sa seule retraite de La Poste - il ne compte pas celle de retraité du Conseil de Paris -, il assure qu'il ne "pourra plus accéder au logement privé", qu'il serait "obligé de sortir de Paris" s'il n'habitait pas un logement social. "Dans le privé, je devrais consacrer 25 à 30% de mes revenus à mon logement". Comme tout le monde, donc, relève Mediapart.

Claudine Bouygues, adjointe PS aux droits de l'Homme, occupe depuis 1989 un appartement de 56 m2 dans le 18e pour un loyer de 496 euros plus 200 euros de charges. "Je ne suis pas en infraction vis-à-vis de la loi", se justifie-t-elle. Et d'expliquer que sa situation "temporaire" d'élue l'empêche d'acheter dans le privé. Selon l'Observatoire des loyers, le loyer moyen dans le quartier pour une telle surface se situe plutôt aux alentours des 1.100 euros.

Didier Guillot, adjoint PS à la vie étudiante, occupe depuis 2000 un appartement de 113 m2 dans le 18e, avec un loyer de 1.900 euros par mois, parking inclus. Soit 400 euros de moins que les prix constatés par l'Observatoire des loyers dans le quartier. Pourquoi n'est-il pas parti ? "Je me suis interrogé. J’en ai parlé avec les personnes au-dessus de moi à la mairie. Personne ne m’a demandé de partir", argue-t-il. D'autant plus qu'à côté de son indemnité d'adjoint, Didier Guillot gagne 1.300 euros par mois grâce à un mi-temps à l'université Paris-13 et que sa femme, magistrate, a un revenu mensuel de 4.000 euros. "En 2011, quand j'ai envisagé de déménager, je me suis heurté à un obstacle dans mes recherches. Les agences ont refusé de considérer mes indemnités de maire adjoint comme un revenu à part entière. Pour elles, c'était l'équivalent d'un CDD. (...) Si on me demandais de partir, (...) je ne pourrais pas". 

Catherine Vieu-Charier, adjointe PCF chargée de la mémoire et du monde combattant, occupe un 68 m2 dans la maternelle de la rue de Charonne (12e), qu'elle dirigea de 1996 à 2002 et dans laquelle elle ne travaille plus depuis cette date. Elle ne paie que les charges: 300 euros par mois. Aujourd'hui, elle dit travailler à plein temps à l'inspection d'académie pour 2.000 euros par mois, qui viennent d'ajouter à son indemnité de maire-adjointe.

 

Mediapart souligne que ces élus ne sont pas dans "l'illégalité" : ils expliquent être entrés dans ces logements avant l'élection du maire de Paris en 2001, à un moment où ils satisfaisaient aux critères d'attribution. Oui, mais voilà, si on prend en compte leurs revenus actuels, ils habitent dans des logements dont le loyer est deux, trois voire quatre fois inférieur aux prix du marché.

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caroleone 05/12/2013 18:34

Bonsoir Roger,

Si même les cocos sont dans cet état d'esprit, comment alors encore faire déplacer les gens pour les élections ?
Je dois bien être l'une des rares élues(conseillère municipale donc non rémunérée et tant mieux) à avoir mon statut social.....j'en ai pas rencontrés d'autres dans mon cas, la preuve que je n'ai tiré aucun avantage de ma situation et c'est tant mieux......si tu savais ce que je leur ai dit aux élus en début de mandat, ils ont failli tomber de leur chaise et m'ont prise pour une folle, qu'importe, pour moi, l'élu devrait être un bénévole , ça le mettrait bien au cœur des problèmes de la société, il saurait au moins pourquoi il est là (pas pour le fric). D'autant que, comme tu le dis, la majorité ont soit une bonne situation, soit une retraite non négligeable puis souvent un conjoint qui n'est pas chômeur.
J'ai bien aimé le discours en haut, c'est bien parlant.

Amitiés

caro