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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Un bon titre qui va avec un bon texte, pourquoi me serai-je fatigué à écrire sur ce sujet? La plume est donc à mon pote Canaille le Rouge:

 

La FNSEA n'a eu de cesse de se battre pour faire supprimer l'ONIC (Office national interprofessionnel des céréales, créé le 15 août 1936 par le Front populaire), cela pour "accéder au libre marché via la bourse de Chicago". 

 

Pour aider  nos augustes semeurs dans leurs opérations spéculatives, d'abord en 2006 puis amendé en 2009, la droite met en place (à leur demande) un "Établissement national des produits de l'agriculture et de la mer" qui ouvre à la spéculation toute la production agricole au nom de la concurrence libre et non faussée.

Libre et non faussée, mais contrairement à la SNCM, particulièrement bien subventionnée : nos impôts drainés vers les caisses de l'UE leur sont redistribués à grand débit.

Les mêmes, avec leurs exploitations dont l'unité de mesure est le multiple de 100 hectares, ceux qui paient tout juste au SMIC les personnels qu'ils emploient et cotisent à minima aux régimes de protections sociales dont ils bénéficient au même titre que tout le monde, ces mêmes qui, en île de France, spéculent sur leurs terres pour les faire viabiliser et en faire de la terre à "Bouygues", ceux qui ont laissé vitrifier les terres céréalières les plus productives du monde pour permettre la réalisation d'euro-Disney, aujourd'hui manifestent parce qu'ils paient trop d'impôts et vont moins recevoir de cette UE dont ils ont été les plus fervent supporters et les plus gras bénéficiaires.

Nous sommes en pleine obscénité systémique. C'est le spéculateur qui crie au voleur, le perfusé qui dénonce l'assistanat.

Petit rappel historique pas inutile dans cette période ou le PcF se glisse dans la défroque des euro-supporters :

Sous l'impulsion entre autres des députés communistes Waldeck Rochet et Raymond Jean, le Front populaire met en place un office des blés qui assure aux petits agriculteurs un prix garanti; à la population, dont le pain est le pivot nutritionnel, il offre la garantie des approvisionnements et interdit de spéculer aux gros céréaliers (dont bien sûr ceux du grand bassin parisien, ceux qui vendront au prix de la Vichy l'eau de leur puits aux populations entassées en 40 sur les routes de l'exode).

Nous sommes en présence d'une opération concertée partie des bonnets rouges rebondissant sur les gros bonnets des silos. Ils tentent de nous la jouer camionneurs Chilien et ménagères des beaux quartiers de Santiago face à Allende.

Sauf qu'ici, pas d'Allende mais un socialiste qui est à l'Idée ce qu'un dromadaire est aux Kerguelen.

Au final, les manifestants de Pontchartrain ou Chantilly et autres lieux ne sont que simple chouans en 4X4, Des Chouans qui s'en prennent aux conséquences des choix qu'ils soutiennent depuis des décennies.

Ils ne toucheraient plus leur part habituelle de ce gâteau que nous leur donnons ? Ils crient à l'injustice comme les Koblenciens hurlant à l'abolition des privilèges. 

 

Ils ragent que nous découvrions d'un seul coup la façon sélective et égoïste, la nature de classe du budget de la PAC de leur UE.

Ce budget est financé par le produit des droits de douane à l'entrée, un prélèvement sur la TVA et une cotisation d'environ 0,73 % du Revenu National Brut

Notons que si la TVA sur votre baquette de pain participe au financement de la PAC, les agriculteurs n'y sont pas assujettis sur la production et la récupèrent sur leurs investissements.

Quand monsieur Dupont ou madame Martin changent de voiture pour pouvoir continuer à aller au boulot, sont-ils exonérés de TVA ? Quand nos hobereaux entrent leur 4x4 dans le patrimoine de leur exploitation, ils en sont aussi exonérés.

Si nous regardons les mécanismes d'attribution de la manne d'argent publique dont se gavent ces pov' paysans, c'est encore plus édifiant :

Le financement de la PAC repose sur deux piliers inégaux.

Dans le cadre actuel de la PAC, l'essentiel (75 % environ) des aides directes du premier pilier (80% des crédits) est affecté à une subvention à l'hectare dite « découplée », c'est-à-dire indépendante de la culture pratiquée. Elle est touchée par l'exploitant agricole.

En France, par choix national en particulièr les pressions de la très droitière FNSEA, cette subvention est plus élevée dans les zones à haut potentiel de production en particulier les céréales (environ 420 euros par hectare), et plus basse dans les zones à faible potentiel, façon fromage de chèvre, (environ 260 euros).

Les 20% du second pilier vont aux aides au développement rural, financés par l'UE et chacun des états pour leur part respective et de plus voit ses objectifs sous-réalisés. Traduction un agriculteur de Lozère touche moins à l'ha que celui des Yvelines de l'Oise ou de Seine-et-Marne,

Cerise sur ce gâteau pour nantis, comme de plus les subs sont proportionnelles à la taille de l'exploitation, quand un paysan travaillant 30 ha dans l'Ariège touche 260x 30= 7800€, le gentleman-farmer (payant l'ISF), qui dispose de 600ha dans la Beauce touche 420x600 = 252 000 € d'aide de l'UE, dont les caisses de l'état -qui dit-il le saigne - fournissent 17%.

Vous l'avez peut-être remarqué à la lecture de cette p@ge, La Canaille est plus qu'irritée.


Colère après ces truands de l'impôt, colère après ce gouvernement qui là encore va reculer, colère pour ceux qui ne les combattent pas frontalement ou font semblant de s'indigner.

 

Ma pomme y ajoute un petit dessin pour la route:

Et n'oubliez pas:

 

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