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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Il est ministre de l'Education nationale. On le croyait inoxydable à ce poste. En effet, il est chargé d'une des missions phares du quinquennat: l'école, ses élèves, leurs enseignants et tout le personnel qui ne l'est pas mais va avec. Dernièrement encore, Vincent Peillon partait en campagne contre le harcellement scolaire et présentait son plan de lutte. Oui, il ne s'arrêtait pas une minute...

Et pof, le croisé de l'Education nationale se propulse tête de liste socialiste pour l'élection européenne de mai 2014. Il sera donc obligatoirement élu député européen.

Oui, mais pour conserver son fauteuil en conseil des ministres à l'Elysée, il devra démissionner de sa charge (sic) de député européen. Et si François II le fichait dehors du gouvernement après un coup de calcaire qui sied à un monarque sous la 5e République? Et bien le Vincent prendrait le train pour le Parlement européen. Comme il est le seul ministre candidat aux européennes, paraît-il que ça grogne chez ses camarades du gouvernement. Oui, aucun n'avait pensé à cette porte exceptionnelle de sortie, c'est bêta.

Il paraît aussi que, selon la Constitution, tous les citoyens naissent égaux en droit. C'est à dire que le travailleur licencié de PSA-Aulnay peut retrouver un job du jour au lendemain, égal à Vincent Peillon?

Merde alors, j'avais sauté un chapitre.

Allez, par ici la bonne soupe

Tiens en parlant d'égalité en droit à la naissance, pour l'éducation ça se gâte salement aussi si vous êtes tombé dans un baquet des classes populaires. Le dernier rapport  de l'OCDE sur l'école ne classe pas la France, 5e puissance du monde, dans les meilleurs élèves. Cela régresse même, ce n'est pas peu dire.

J'ajoute donc à ma chronique l'article de Canaille le Rouge sur ce sujet:

Pisa

Et il y a des gens qui trouvent le moyen de s'étonner que l'école s'enfonce dans l'inégalité alors que l'idéologie des gagnants et de la compétition, la casse du service public de l'éducation, rendent la société de plus en plus inégalitaire.

Un peu comme ceux qui jettent des mégots par la fenêtre s'étonnent ensuite qu'il y ait des feux de forêts et traitent les pompiers de feignants.

Nous en avons hélas pour notre absence d'argent.

 

Note de ma pomme: L'enquête PISA 2012 porte sur 10 ans. Elle constate que notre pays, au top 5 des états de la planète, est l'un des plus marqués par les inégalités scolaires. Et que ce n'était pas mieux auparavant. Alors, la droite et le PS qui furent aux affaires (comme ils disent parce qu'ils gèrent la France comme une entreprise capitaliste) auront beau philosopher sur le pourquoi du comment et qui est coupable, la triste réalité est là. Parmi les états de l'OCDE, en France, 38% seulement des gosses interrogés issus des classes populaires se sentent chez eux à l'école.

Et la réforme du système scolaire, sans idée révolutionnaire ni moyen financier et humain, édictée actuellement par l'Elysée et Vincent Peillon va accentuer les inégalités sociales. D'autre part, la prise en charge du temps libre après l'école pour que l'enfant s'épanouisse, laissée à l'unique charge des communes (riches ou pauvres, métropoles ou rurales) affaiblit aussi le caractère national de l'éducation.

Il est grand temps que l'école, de la maternelle à l'université, ne soit plus le clos réservé des seuls professionnels de l'enseignement et de la politique. La nation toute entière doit pouvoir y dire son mot et ses propositions.

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