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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

"Il s'agit de la première rentrée dont mon gouvernement a eu la pleine maîtrise", s'est félicité Jean-Marc Ayrault. A sa décharge, s'il ne se jette pas des fleurs, le premier ministre ne risque pas trop d'en recevoir hormis par les godillots patentés. En effet, cette première rentrée "maîtrisée" de A à Z par l'Elysée est marquée par le corset budgétaire et la "refondation" de l'école annoncée est de ce fait encore loin.

En vérité, l'école n'est pas gratuite en France, chaque parent d'élève peut faire ses comptes. Et cette affiche, placardée dans Paris, en 1871, c'était sous la Commune de Paris.

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Pour le reste, le point d'indice des personnels de l'éducation nationale est toujours gelé depuis plusieurs années. Le taux d'encadrement dans les classes reste l'un des plus mauvais au niveau de l'OCDE. Et côté salaire, dans le primaire par exemple, il manque 300 euros en moyenne par rapport à leurs collègues de l'OCDE.

 

Pire encore, avec sa réforme sans moyens, l'Elysée offre un boulevard aux acteurs privés du périscolaire. Ainsi, le groupe Total va financer certaines activités dans le premier degré par la grâce d'un accord-cadre signé avec Valérie Fourneyron, ministre de la Jeunesse et des Sports.

Et puis, quelle égalité pour pratiquer ces activités sensés développer l'enfant dans une ville cossue comme Paris et une bourgade rurale où une banlieue grevée de quartiers ruinés par la crise? Déjà, des communes, sans budget vu l'austérité imposée par l'Etat, font payer ces activités dites d'éveil, une inégalité supplémentaire dans l'éducation des gosses issus des milieux populaires.

 

Ce qui fait dire à la CGT dans un communiqué:

A la veille de la rentrée scolaire, un certain flottement règne au sein de la communauté éducative face à la mise en œuvre, à marche forcée, de la réforme des rythmes scolaires à l’école. La CGT n’a cessé de pointer les dangers contenus dans cette réforme à la fois pour les enfants et leur famille, les personnels de l’éducation nationale, des services publics et les professionnels des associations en charge des activités périscolaires.

4000 communes mettent en œuvre la réforme des rythmes scolaires en septembre 2013, cela concernera environ 22% des élèves : l’objectif du "un sur deux" avancé à l’automne dernier par le Ministre Vincent Peillon est loin d’être atteint. Force est de constater, qu’en l’état, cette décision correspond plus à une volonté de territorialisation de l’École et n’aura pas les effets positifs affichés.

Très majoritairement le temps de présence journalier des enfants sera allongé, la semaine alourdie et les activités éducatives morcelées.

Les nouveaux horaires souvent très différents y compris selon les jours de la semaine, le retour du mercredi matin travaillé dans la quasi-totalité des cas (seules 28 communes ont opté pour le samedi matin) vont avoir des conséquences difficiles à gérer dans l’organisation du travail des familles et vont constituer un coût supplémentaire en matière de garde à domicile, alors même que les salaires et le pouvoir d’achat ne cessent de s’éroder.

L’absence d’une véritable gratuité des activités périscolaires accentue encore les inégalités sociales et territoriales entre les enfants. Au contraire, la question du financement des activités périscolaires devient un enjeu vital pour les communes. La tentation est grande, alors, de faire porter les économies sur les personnels en précarisant toujours plus, en intensifiant leur charge de travail ou en ayant recours, comme certaines communes l’annoncent déjà, au bénévolat.

La CGT demande en conséquence qu’un bilan contradictoire soit opéré dans les semaines qui viennent, dans chaque département, afin d’évaluer avec les organisations syndicales professionnelles la pertinence de la généralisation de la réforme prévue en 2014.

A cela s’ajoute, comme pour l’ensemble du salariat, le poids des politiques d’austérité poursuivies par le Gouvernement et l’absence de revalorisation salariale et d’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des personnels qui travaillent dans le secteur éducatif.

La question de l’emploi reste au milieu du gué, ainsi la précarité des contrats de travail et notamment des personnels en contrats aidés de droit privé (CUI - contrat unique d’insertion) exclus de fait du plan de Cdisation annoncé par le Premier Ministre en est une illustration.

Pour la CGT, la rentrée scolaire sera avant tout sociale, dès le 10 septembre, elle appelle les personnels à rejoindre les mobilisations pour l’emploi, les salaires, la retraite et les conditions de travail.

Montreuil, le 2 septembre 2013

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M
Bonjour

Ne pas oublier également , chaque année 150 000 jeunes ados , sortent ( sont sortis !!! c'est une réalité ... ) du système scolaires sans formation , sans qualification !

Un vrai désastre ...

Bonne journée
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